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vendredi, mars 31, 2017

Quelques réactions à l'exclusion de Mahinur Özdemir du CDH (31/05/2015)

La députée régionale bruxelloise (depuis 2009) et conseillère communale schaerbeekoise (depuis 2006) Mahinur Özdemir a été exclue de son parti, le Centre démocrate humaniste (CDH, ex-Parti social-chrétien) le 29 mai 2015. Cette exclusion a été confirmée en appel interne le 14 décembre 2015.

Mustafa Alperen Özdemir, conseiller communal CDH à Saint-Josse, frère de Mahinur, représentant de MÜSIAD, un lobby d'entrepreneurs turcs pro-AKP, a quant à lui démissionné du CDH moins de deux semaines après avoir tweeté ceci:


Yusuf Benhur Ergen, conseiller communal CDH à Bruxelles-Ville, cadre associatif syriaque (originaire de Turquie)


Manifestation AKP-UETD de soutien à Mahinur, d'abord devant le siège du CDH puis devant... le Consulat général de Turquie, situé à quelques rues de là. Le militant de l'UETD interviewé, Safa Akyol, a rejoint par la suite les rangs de la section PS de Saint-Josse.


Soutien de l'Ambassade de Turquie à Bahrein


Soutiens de partis turcs selon Mahinur Özdemir: AKP, CHP, MHP


jeudi, septembre 27, 2007

Viviane Teitelbaum (MR) interpelle Emir Kir (PS)


Communiqué de presse

27 septembre 2007

Ce mercredi 26 septembre, le bureau élargi du Parlement bruxellois a refusé la question orale de la Députée Viviane Teitelbaum (MR) au Secrétaire d’Etat Emir Kir, sur la signature de la pétition niant le génocide arménien et demandant le démantèlement du monument à Ixelles suite à l’abandon du procès qu’il avait initié à l'encontre de deux journalistes.

Rappel des faits antérieurs

Le 24 novembre 2006, Viviane Teitelbaum a posé une question d’actualité pour savoir si oui ou non Monsieur Kir avait signé une pétition sur le démantèlement d’un monument dédié au génocide arménien. La réponse de Monsieur Kir s’est limitée à un « Cette procédure suit son cours en Cour d’Appel… Vous comprendrez donc que je ne désire pas m’exprimer plus avant par rapport à une pièce qui fait partie intégrante d’un procès en cours ». Dans sa réplique, Viviane Teitelbaum a insisté pour avoir une réponse claire : « Oui ou Non ? ». Monsieur Kir ne lui ayant pas donné de réponse, le Président a conclu : « Mme Teitelbaum, vous n’êtes pas satisfaite de la réponse, libre à vous d’interpeller le Secrétaire d’Etat à une autre occasion ».

Le 8 décembre, Viviane Teitelbaum a reformulé son interrogation sous forme de Question Orale. Monsieur Kir n’a, une fois de plus, donné aucune réponse concrète quant au fait qu’il aurait ou non signé ladite pétition, se bornant à préciser : « J’ai demandé à mes adversaires de produire l’extrait original de ma signature ».

Suite à cette non-réponse, Viviane Teitelbaum a, à deux reprises, redéposé des questions orales pour avoir une réponse précise. Ces deux questions ont été refusées avec comme justification qu’aucun fait nouveau n’était intervenu depuis le mois de décembre.

En juillet dernier un communiqué de presse d’Emir Kir annonçait qu’il arrêtait la procédure en cours mais que cette décision ne devait pas être interprétée comme une acceptation dans son chef du bien-fondé du jugement du Tribunal de Première Instance.

Ce jugement qualifiant le secrétaire d’Etat de "menteur", "négationniste" et "délinquant" restera désormais dans les annales comme la vérité judiciaire. Viviane Teitelbaum rappelle que c'est à l’initiative du Secrétaire d’Etat que la justice belge a été saisie et que, suite à son jugement, Emir Kir avait décidé d'interjeter appel.

Alors que la date fatidique de l'audience en appel se rapprochait, et que de nouveaux éléments matériels avaient été mis à jour postérieurement au premier jugement en première instance, notamment une pétition prônant le démantèlement du monument à la mémoire du génocide arménien, il a décidé d’abandonner la voie judiciaire.

Suite à l’arrêt de la procédure, fait incontestablement nouveau, Viviane Teitelbaum a déposé une nouvelle demande de question orale pour la rentrée parlementaire.

Hier, le bureau élargi a décidé de ne pas prendre en considération la question de Madame Teitelbaum en arguant une nouvelle fois qu’aucun fait nouveau n’était intervenu et qu’il n’y avait pas de lien entre le retrait de la plainte et la pétition, et ce malgré les insistances des représentants MR au bureau.

« Il semble flagrant que le Président Eric Tomas ne veut pas obliger Monsieur Kir à me donner une réponse précise. En effet, jusqu’en juillet, celui-ci se cachait derrière sa plainte et maintenant le Bureau argumente qu’il n’y a pas de lien entre la plainte et la signature de la pétition » s’insurge Viviane Teitelbaum.

« Manifestement, le gouffre séparant les sénateurs belges qui ont voté la résolution de 1998 invitant le Gouvernement turc à reconnaître la réalité du génocide et Monsieur Kir qui nie le génocide et demande le démantèlement du monument commémoratif, semble bien plus large que le détroit du Bosphore » conclut-elle.

lundi, avril 02, 2007

Saint-Josse - Débat sur la présence d'une échevine à une conférence négationniste



Conseil communal de Saint-Josse (région de Bruxelles-capitale), mercredi 28 mars 2007. Interpellation de Geoffroy CLERCKX (chef du groupe MRLB, opposition libérale), réponses du bourgmestre Jean DEMANNEZ (PS) et de l'échevine Hava ARDICLIK (PS), débat auquel participent également Anne-Sylvie MOUZON (PS, présidente du CPAS et députée régionale), Ibrahim ERKAN (CDH, majorité, luimême d'origine assyrienne de Turquie), Zoé GENOT (chef de groupe Ecolo, députée fédérale) et Ahmed MOUHSSIN (Ecolo).

Voir aussi le compte-rendu de Mehmet Koksal sur Humeur allochtone: Saint-Josse : L'opposition charge l'échevine de l'Instruction publique.

lundi, mars 12, 2007

Suisse: négationnisme = racisme, un politicien turc condamné

Dogu Perinçek condamné pour discrimination raciale

Le président du Parti des travailleurs turcs est condamné à 90 jours-amende (100 francs par jour) avec sursis et à une amende de 3000 francs.


Dogu Perinçek est coupable de discrimination raciale pour avoir nié le génocide arménien. Le Tribunal de police de Lausanne a condamné vendredi le président du Parti des travailleurs turcs à 90 jours-amende (100 francs par jour) avec sursis et à une amende de 3000 francs.

La Cour demande au nationaliste turc de verser 1000 francs "symboliques" à l´Association Suisse-Arménie qui s´était constituée partie civile. Dogu Perinçek, 65 ans, devra s´acquitter également de 10 000 francs de dépens et de 5800 francs de frais de justice.

Acte intentionnel

Le leader turc est "un provocateur arrogant" qui connaissait la loi helvétique sanctionnant les propos négationnistes, a affirmé le juge Pierre-Henri Winzap. Sa venue en Suisse en 2005 pour déclarer que le génocide arménien est "un mensonge international" est un acte intentionnel.

Dogu Perinçek est "un raciste". Sa démarche "s´apparente à l´évidence à des motifs racistes et nationalistes", a poursuivi le juge. Il ne mérite "aucune circonstance atténuante".

Fait avéré

Le génocide arménien est "un fait historique avéré selon l´opinion publique suisse". Le fait que cette tragédie ne figure pas dans la liste des génocides officiellement reconnus par une Cour internationale n´empêche pas d´affirmer que c´est une réalité indubitable, a affirmé le juge.

La Cour a suivi ainsi le réquisitoire du parquet. Son verdict est une première que l´Association Suisse-Arménie attendait depuis longtemps. Si des instances politiques ont déjà reconnu le génocide des Arméniens, la justice ne s´était pas encore prononcée dans ce sens jusqu´à aujourd´hui.

Fossé infranchissable

Durant les deux jours d´audience, les thèses les plus radicalement opposées se sont affrontées. Dogu Perinçek, son avocat et ses témoins ont tous affirmé qu´il était faux de parler de génocide parce qu´il n´y avait pas eu en 1915 en Turquie d´élimination planifiée de la population arménienne.

Pour le procureur et la défense des Arméniens, le génocide est un fait avéré sans le moindre doute. La motivation raciste de Dogu Perinçek est également évidente car il reprend à son compte l´idéologie qui a entraîné dans la mort entre 1 et 1,5 millions de personnes.

lundi, décembre 18, 2006

Remous autour d'un "symposium ottomaniste" à l'ULB

rétroactes: 15 décembre 2006 : SYMPOSIUM : L´Union européenne en quête d´une identité multiculturelle : l´expérience ottomane !



COLLECTIF 1971
L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique
Les Associations des Assyriens de Belgique
L'Institut Kurde de Bruxelles
La Fondation Info-Türk

collectif1971@scarlet.be
Tél: 02-215 35 76 (Fr) - 02-230 89 30 (Néerlandais)




Mr. Philippe Vincke
Recteur de l'Université Libre de Bruxelles
ULB CP130
Avenue F.D. Roosevelt 50
1050 BRUXELLES


Monsieur le Recteur,

Nos quatre organisations issues de l’émigration politique en provenance de Turquie, sont fort choquées d'apprendre qu'à l’Université Libre de Bruxelles aura lieu le 15 décembre un symposium sur le thème "L’Union Européenne en quête d’identité multiculturelle : l’expérience ottomane!".

Ce symposium est organisé par l'Union Européenne des Turcs Démocrates d'Europe (UETD) qui n'est qu'une organisation lancée en 2004 par l’AKP, parti islamiste au pouvoir, afin d’encadrer la communauté turque en Europe selon sa ligne politique.

Avec le soutien accru du gouvernement turc, elle joue actuellement le rôle d’organisme principal de lobby turc. Ce rôle attribué à l'UETD a été confirmé par le Premier Ministre Erdogan lors d'une réunion tenue le 25 mai 2006 à Berlin.

D'ailleurs, cette organisation s'est distinguée lors de la crise de caricatures de Mahomet par la plainte qu'elle a portée en mars 2006 contre le journal allemand Die Welt.

Il n'est pas étonnant que parmi les orateurs affichés se trouvent le ministre turc d'Etat chargé des Affaires Religieuses, membre du parti islamiste au pouvoir ainsi qu'un historien français connu pour ses positions négationnistes calquées sur la position officielle turque vis-à-vis du génocide arménien.

Il faut rappeler que, à part une secrétaire d'Etat régionale, aucune personnalité politique ou académique belge n'a accepté l'invitation pour cette mascarade "politico scientifique".

Pourtant, à notre grand étonnement, l'Université Libre de Bruxelles, un des fiefs de la laïcité et de l'esprit critique qui a toujours défendu la cause juste des peuples opprimés, permet à une organisation parastatale de faire la propagande de la négation du génocide des Arméniens et Assyriens en présentant l'expérience ottomane comme une identité à imposer à l'Union Européenne en quête d'identité multiculturelle.

En tant qu'organisations défenderesses des droits de l'Homme et des peuples, nous vous demandons d'annuler l'autorisation pour ce simulacre de symposium au moins pour le respect de la mémoire des victimes du premier génocide du siècle commis pour l'Empire Ottoman et par solidarité avec les victimes de la répression du régime d’Ankara qui souffrent actuellement dans les prisons turques.

Dans l'attente d'une suite digne d’une université libre, nous vous prisons d'agréer, Monsieur le Recteur, l'expression de nos sentiments très distingués.

Bruxelles, le 13 décembre 2006


Bogos Bogosian
L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique
aadb.asbl@hotmail.com


Nahro Beth-Kinne
Les Associations des Assyriens de Belgique
nahro.beth-kinne@scarlet.be

Derwich Ferho
L'Institut Kurde de Bruxelles
http://www.kurdishinstitute.be

Dogan Ozgüden
La Fondation Info-Türk
http://www.info-turk.be



Malaise ottoman à l'ULB

Ricardo GUTIERREZ - Philippe RENIER
Le Soir : édition du 15/12/2006 | page 14

Gros émoi à l'Université libre de Bruxelles (ULB). En cause : le symposium qui s'y tient, ce vendredi, à l'initiative de l'Union des démocrates turcs européens (UETD). Il y sera question de l'expérience ottomane en tant que modèle d'intégration multiculturelle pour l'Europe. . . Plusieurs associations d'Arméniens, Assyriens, Kurdes ainsi que des Turcs progressistes ont écrit au recteur, Philippe Vincke, choquées par cette manifestation, qui émane selon elles « d'une organisation lancée en 2004 par l'AKP, parti islamiste au pouvoir, pour encadrer la communauté turque en Europe ». L'ULB prend ses distances : « Le symposium ne correspond pas à ce qui nous avait été annoncé (. . . ). Nous avons toutes les raisons de ne pas accepter la tenue d'une telle manifestation, mais nous nous sommes finalement résolus à ne pas l'annuler. »

L'UETD revendique vingt mille adhérents en Allemagne, en Autriche et au Benelux. Son antenne belge, constituée en 2005, a notamment pour objet « la promotion des intérêts des Turcs et des Européens d'origine turque auprès des institutions publiques du royaume de Belgique et des autres Etats membres de l'Union européenne ». Son président Esref Yagcioglu conteste toute allégeance, dans le dernier numéro du mensuel Binfikir : « Nous sommes plus occupés avec le PS, le CDH et le parti libéral qu'avec l'AKP. Ceux qui désirent s'occuper avec l'AKP n'ont qu'à partir en Turquie. »

« Inacceptable »

Parmi les orateurs attendus, vendredi : le ministre turc des Affaires religieuses Mehmet Aydin et l'historien Gilles Veinstein, connu pour avoir mis en doute l'existence du génocide des Arméniens. . . « Il est inacceptable que l'ULB héberge dans ses locaux une telle manifestation avec des participants nationalistes et négationnistes », réagit Hayik Malikian, du Comité de défense de la cause arménienne.

Militant laïc de culture musulmane, Chemsi Chéref-Khan se déclare interpellé par « le fait que la Turquie, candidate à l'adhésion, ne vient pas nous proposer un débat sur le modèle de laïcité de la république kémaliste, mais plutôt un modèle ottoman basé sur le principe de la dhimmitude, qui constitue un modèle dans lequel une religion dominante tolère des religions dominées, moyennant l'obligation pour ces dernières de s'acquitter de certaines charges. On aurait aimé que l'initiative turque mette en avant le principe républicain de l'égalité entre les cultes, plutôt que le principe d'inégalité tolérée du modèle ottoman de la dhimmitude ».

Mehmet Saygin, secrétaire général de l'UETD, pose le débat sur un autre plan. . . L'Europe n'est pas un club exclusivement judéo-chrétien, dit-il, appuyant « de façon périphérique » la candidature de la Turquie à l'Union.

L'UETD contribue, dit-il, à « positiver » le statut des Turcs présents dans les pays européens et l'image de leur religion, l'islam, « victime de préjugés ». « L'islam constitue inévitablement une part importante du concept de multiculturalité » sur lequel devrait être basée l'identité européenne, dit Mehmet Saygin. « Sinon, je serai un éternel immigré. »


Pas de remous au colloque turc


Le Soir 16/12/2006

L'ULB accueillait vendredi un symposium sur le thème « l'Union européenne en quête d'identité multiculturelle : l'expérience ottomane ». Un colloque controversé : il avait été dénoncé cette semaine tant par des associations arméniennes et assyriennes que par les autorités de l'ULB. On n'a cependant noté aucune manifestation devant l'ULB.

L'ULB avait publiquement pris distance avec ce symposium jeudi, après avoir appris que le sujet initial et la liste des orateurs du colloque avaient évolué.

« Nous ne l'avons pas annulé pour ne pas créer d'incident diplomatique avec la Turquie, parce qu'un ministre turc devait être présent, a déclaré jeudi Isabelle Pollet, la porte-parole de l'ULB à l'agence Belga. Mais nous ne cautionnons pas les propos qui pourraient y être tenus. » Vendredi, le symposium semble s'être déroulé dans le calme.

« Pas de rassemblement devant les locaux »

« Je n'ai eu vent d'aucun problème, a confirmé Elise Lennertz, l'assistante du recteur de l'ULB. Il n'y a pas eu de rassemblement devant les locaux où se tenait le symposium. »

Dans une lettre adressée au recteur de l'ULB, quatre associations de minorités turques s'étaient indignées de ce que « l'Université libre de Bruxelles permette à une organisation parastatale de faire la propagande de la négation du génocide des Arméniens et Assyriens ». (b)

jeudi, décembre 14, 2006

Mehmet Koksal: "On peut me haïr si on veut, pourvu qu’on me lise."

Binfikir (Décembre 2006) - Entretien avec Mehmet Koksal
“Je ne suis pas un traître à la patrie. Je travaille aussi pour ma patrie: la Belgique!”


[Note préliminaire du traducteur : les questions posées par l’équipe de Binfikir répondent à deux soucis. 1°) permettre à Mehmet Koksal de s’exprimer, en turc, auprès de sa communauté d’origine alors qu’aucun média n’a osé lui accorder la parole. 2°) ce faisant, éviter de prendre sa défense et, dans le respect de la déontologie, aborder toutes les questions que la communauté turque se pose (légitimement ou non) à son égard. La présente interview ne guide ou ne remplace aucunement la production éditoriale que chaque journaliste de l’équipe livre ou a livrée sur le sujet.]


Auteurs: Serpil Aygün, Ismail Dogan, Leyla Ertorun, Erdem Resne, Erdinç Utku
Traduction vers le français : Erdem Resne

Binfikir : Tu es perçu comme un journaliste “anti”. Tu écris toujours de manière négative. Les Turcs en Belgique ne font-ils rien de correct?
MK : Bien sûr qu’ils font de chouettes choses. Mais je ne suis pas un polémiqueur comme on le pense. Je suis simplement les règles de base du journalisme: on ne parle pas d’un train qui arrive à l’heure mais bien de celui qui est en retard. On enquête ensuite sur les raisons du retard, on cherche les responsables, on s’interroge pour savoir si cela pourrait se reproduire. On travaille donc pour améliorer les choses. Dans cette optique, j’examine si les gens racontent les mêmes choses aux médias turcs et belges, et je constate que tout le monde tient un double discours.

Binfikir : Tu évoques Emir Kir par voie détournée. Pourquoi toujours lui? As-tu un problème personnel?
MK : Pas du tout, je l’ai salué sur le plateau de Mise au Point, on a échangé quelques mots. Malgré notre procès je n’ai aucun problème avec lui. Je suis même prêt à le rencontrer en public pour confronter nos arguments.

Binfikir : As-tu les mêmes critères à l’égard de tout le monde?
MK : J’ai traité de la même manière des sujets impliquant Halis Kökten, Sait Köse, Emin Özkara...

Binfikir : Tu ne focalises donc pas sur Kir?
MK : Non.

Binfikir : Arrives-tu à vivre du journalisme? Comment gagnes-tu ta vie?
MK : Je suis correspondant du Courrier international (France) mais également de la radio-télévision turque publique, la TRT dans le cadre de l’émission radio “Voice of Turkey”. L’Etat turc me paie donc indirectement un cachet aussi, j’ai un compte bancaire chez Akbank en Turquie, vous pouvez vérifier !

Binfikir : Certains disent que tu n’as de turc que ton nom, as-tu un problème, un complexe quant à ta “turcité”?
MK : Peut-être que ceux qui tiennent ce discours ne sont que des “journalistes sur papier”, ce qui explique ce type de commentaire. Je n’ai aucun complexe quant à mon origine, je suis d’origine turque, on connaît tant mon père que ma mère !

Binfikir : Concernant le “prétendu” génocide arménien...
MK : Pas “prétendu”. Le génocide arménien...

Binfikir : Quelle est ta position quant au génocide arménien? Puisque le terme “prétendu” t’offusque, tu sembles le reconnaître...
MK : Je ne suis pas dans l’obligation de répondre mais si on me le demande devant une instance officielle, je le ferai. A mon avis vous devriez poser cette question aux politiques. Mon devoir de journaliste se résume simplement à savoir ce qu’eux pensent sur la question et à le transmettre aux lecteurs.

Binfikir : Donc si un Turc réfute le génocide mais qu’il assume ses positions sans ambiguïté, tant sur le plan médiatique qu’au sein de son propre parti, le critiqueras-tu également pour ses positions?
MK : De toute façon, je ne vais pas systématiquement demander sans raison aux personnalités politiques d’origine turque s’ils reconnaissent le génocide, je ne menace personne. Tout simplement, si un candidat participe à une pétition ou une marche, s’il entreprend des démarches appelant à nier les allégations, bref, s’il base sa campagne là-dessus et qu’il veut le faire savoir à son électorat, moi j’en fais une information et donc en quelque sorte je l’aide à établir la communication avec son public!

Binfikir : As-tu piégé Murat Denizli?
MK : Pas du tout...

Binfikir : Le connais-tu? On raconte que vous aviez eu une dispute et que tu as rédigé ton interview suite à cela....
MK : En aucun cas je n’ai eu de dispute. J’ai prononcé son nom pour la première fois sur Radio Pasa, il m’a appelé par la suite en me disant que j’avais “sali son nom” en me demandant une interview pour y remédier. Je l’avais simplement qualifié de “nationaliste”. Il a donc estimé que je l’avais mal présenté et m’a dit “tu me connais pourtant, j’ai bossé dans telle et telle association”. J’ai accepté sa demande d’interview et on l’a réalisé. C’est donc lui qui a voulu m’accorder un entretien.

Binfikir : Tu collabores avec Pierre-Yves Lambert dont la presse turque prétend qu’il travaille pour les services secrets belges. Tu es également accusé d’être un “agent”. Pourquoi travailles-tu avec lui? Quelle est ta motivation?
MK : Je n’ai pas de commentaire concernant Lambert, moi je le connais comme chercheur indépendant et je ne le vois qu’après le boulot.

Binfikir : Es-tu son acolyte?
MK : Je ne suis l’acolyte ou l’apprenti de personne, je suis licencié de l’ULB et lui est chercheur.

Binfikir : Es-tu un “agent”?
MK : Si seulement je l’étais. Si vous saviez mes conditions de vie pour l’instant vous comprendriez que je ne suis pas agent...

Binfikir : Pourquoi? As-tu besoin d’être agent ou d’avoir une protection secrète?
MK : Oui! D’ailleurs je voudrais ici m’adresser au MIT (ndlr: Services de Renseignements Nationaux turcs), autant qu’aux services secrets belges... quoique, en réalité je ne voudrais pas travailler ici, 32 agents qui ne sont pas foutus de surveiller une seule Fehriye [Erdal], quelle image médiocre! Mais si la CIA ou la FSB (ndlr: ex-KGB) ont besoin de moi, je suis prêt!

Binfikir : Pourquoi bosserais-tu pour eux? Pour l’argent? Ferais-tu n’importe quoi pour l’argent?
MK : Non, je ne ferai pas “tout” pour l’argent. J’ai simplement des conditions pour qui veut bien m’engager. Par exemple, ne pas me forcer à mentir. Par exemple, je ne n’insulterai pas le père de quelqu’un pour de l’argent (ndt: pour les lecteurs francophones, MK avait été victime d’allégations honteuses quant à son père sur un site internet turcophone), je ne traiterai personne de traître à la patrie (ndt: allégation d’un organe turc quant à MK). Moi aussi j’ai un honneur et un statut familial. Moi, vous,... nous, journalistes, nous sommes responsables de ce que nous écrivons car nous sommes lus par tout le monde. Dans cette optique, j’ai été pointé du doigt pour mes opinions. Mais je ne peux supporter de voir certains impliquer ma famille pour ce que j’ai personnellement écrit car eux ne sont pas responsables de mes écrits. Qu’on m’insulte ou qu’on me taxe de traîtrise, pas de problème, mais qu’on ne touche pas à ma famille!

Binfikir : On ne fait donc pas tout pour l’argent. Tu dis être professionnel. Pourtant on a vu ta signature sous des articles d’une presse réputée proche des islamistes...
MK : Oui j’ai travaillé pour “Merhaba” (ndt: suspecté proche de la tendance nurcu de Fethullah Gülen). J’ai personnellement postulé auprès de ce magazine. Ils étaient réputés proches d’une association religieuse mais je les avais trouvés professionnels et prometteurs. Aujourd’hui je pourrais même écrire pour une revue du BADD (ndt: Association de la Pensée ataturkiste en Belgique) s’ils me demandent de le faire. J’ai une rubrique dans le Journal du Mardi, dont on connaît la proximité avec le PS, alors que moi j’ai fortement critiqué ce parti. Je leur ai simplement posé des conditions: on ne modifie pas mon article sans ma permission et on doit me payer pour mes services. Si vous acceptez les deux, je veux bien bosser pour vous. Dans ces conditions, si mes écrits sont lus tant par les partisans de Fethullah que par les Kémalistes, j’en suis fier. On peut me haïr si on veut, pourvu qu’on me lise. C’est mon seul souci. Il ne suffit plus de parler entre nous car quelles que soient nos opinions nous devons nous écouter réciproquement, c’est la condition du vivre-ensemble.

Binfikir : Pourquoi tu n’écris pas dans Le Soir ou quoi ? As-tu postulé? Pourquoi tu te prends la tête avec les Turcs?
MK : J’ai toujours postulé, ils n’ont qu’à m’embaucher. Je me prends la tête avec personne, ceux qui me suivent savent très bien que je ne traite pas que des sujets liés aux Turcs...

Binfikir : Pourquoi ne t’embauchent-ils pas? En plus ils te citent toujours comme source, ils te présentent comme le journaliste le plus averti quant aux allochtones, ils n’ont qu’à t’engager comme expert..
MK : Je ne sais pas pourquoi ils ne le font pas, mais je vous remercie de tant oeuvrer pour me faire gagner un salaire ! Et je dis: écrivez donc au Soir pour demander “pourquoi vous utilisez ce gars comme source – parfois sans même le citer – alors que vous ne l’engagez pas?”

Binfikir : La presse belge t’a-t-elle forgé un rôle? Du genre : “Tu es turc, occupe-toi des Turcs à notre place”...
MK : Je vous ferai remarquer que la presse belge ne me cite pas en tant que “Turc” mais bien en tant que “journaliste”. Et ceux que je critique le plus aujourd’hui ne sont pas les politiciens d’origine turque. Ce sont les responsables les plus haut placés du PS, d’Ecolo, du MR,... Quand ils considéreront leurs candidats allochtones comme tous les autres citoyens, alors je me pourrai me taire.

Binfikir : Tu es à la fois journaliste et traducteur-interprète, tu interviens auprès des cours et tribunaux. N’y a-t-il pas de problème du point de vue de la déontologie?
MK : Je ne peux m’exprimer à ce sujet. Je peux tout au plus dire ceci: je n’exploite aucune information que j’obtiens en tant qu’interprète à des fins journalistiques. Pour mes clients, je ne suis qu’un interprète et rien d’autre.

Binfikir : Est-tu un traître à la patrie?
MK : Non. Je travaille pour ma patrie: la Belgique!

Binfikir : Et la Turquie?
MK : Je suis d’origine turque et je travaille également pour la patrie turque: pour la TRT! (ndt: radio-télévision publique.)

Binfikir : Comptes-tu accomplir ton service militaire?
MK : Non, je ne le ferai pas. Je suis opposé au service militaire obligatiore. La Belgique est un pays si formidable qu’elle vous autorise à revenir siéger à la Chambre des Représentants après avoir accompli votre service militaire en Turquie. Je vous demande ceci: si aujourd’hui, quelqu’un qui siège à la Grande Assemblée Nationale de Turquie faisait son service militaire pour le compte d’un autre Etat, jurait fidélité à son drapeau et son intégrité, serait-il accepté à l’Assemblée à son retour? C’est ce type de critique que j’énonce. Mais la Belgique est un pays si démocratique qu’elle ne critique même pas Cemal Cavdarli (ndt: Député SP-A de Gand) à ce sujet. Il faudrait applaudir un tel pays.

Binfikir : As-tu peur? Tu pousses tant de gens à bout... Reçois--tu des menaces?
MK : Ce serait mentir que d’affirmer que je n’ai pas peur. Mais malgré la peur, je suis désormais embarqué dans cette histoire et j’irai au bout...

Binfikir : Est-ce que cela vaut la peine de prendre tant de risques?
MK : Oui, parce que la jeune génération est derrière moi. Vous savez, être journaliste est plus difficile qu’être politicien. Parce que je suis obligé de relater tout ce que tu dis. Si tu dis A je fais l’info A, si tu dis B je fais l’info B... mais en plus, je suis obligé d’enquêter pour savoir pourquoi tu dis B aujourd’hui alors que tu m’avais dit A hier!

Binfikir : La jeune génération non plus ne lit pas beaucoup la presse francophone ou néerlandophone. Beaucoup de jeunes avec qui on s’est entretenus après les élections ne savaient rien de l’affaire Denizli...
MK : Cela veut dire alors que la presse turque n’a pas fait correctement son boulot. Même l’affaire Kir-Koksal, qui intéresse toute la population turque, n’a pas été traîtée dans les médias turcs en dehors de Binfikir. Ces affaires ont démontré les limites de la liberté et de l’indépendance de la presse locale turque. Parce vous n’osez pas publier les informations qui nuisent aux élus de votre communauté. C’est là que j’ai compris l’importance et la nécessité de faire de l’information en langue turque. Parce que la communauté a été informée uniquement via la traduction de quelques paroles émanant de quelques personnes, et ce manque d’information, cette rétention d’information a poussé à l’incompréhension, aux insultes de la communauté turque à mon égard. C’est votre faute. Ce black-out m’a causé beaucoup de problèmes, j’ai été accusé de traîtrise. Alors qu’à l’époque, j’avais besoin ne fût-ce que d’un article. Mais finalement, j’ai démontré devant la justice avec pièces à l’appui ceux qui mentent réellement et je savoure aujourd’hui cette victoire. Parce que certains comme Zeynel Lüle (ndlr: correspondant de Hürriyet à Bruxelles) m’avaient collé l’étiquette de traître à la patrie et m’avaient traité de “journaliste entre guillemets”. Les journalistes turcs qui m’ont accablé n’ont pas pris la peine un seul jour de m’appeler pour me demander “tu es aussi d’origine turque, pourquoi es-tu en procès?” Ils ont fait croire que j’étais demandeur alors que l’action judiciaire émane d’Emir Kir, c’est lui qui m’a réclamé 7.500 € alors que moi je n’avais rien demandé. Même des associations comme l’UETD (ndt: Association des Démocrates Turcs d’Europe, réputée proche du gouvernement turc actuel et de la tendance AKP) ont fait des déclarations aberrantes quant à notre procès. Tout le monde peut soutenir la partie adverse, je ne peux empêcher personne de défendre Kir, mais avant de faire des commentaires, appelez-moi aussi pour demander mes justificatifs et mes preuves.

Binfikir : Les gens se demandent pourquoi Mehmet, qui attaque le MHP (nationalistes turcs), n’attaque pas les islamistes...
MK : C’est incroyable! La religion, le foulard, Mahinur Ozdemir, la campagne par SMS orchestrée par le cdH contre le PS, qui a traité ces sujets? J’ai également écrit sur le double discours de la tête de liste CDH à Schaerbeek Denis Grimbreghs quand il déclare ne pas être contre le foulard au Conseil communal, mais qu’au Collège cela poserait problème. Je ne peux pas tout écrire non plus! Puis, tout sujet n’est pas forcément intéressant. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui je parle avec Leyla Ertorun (ndt: candidate PS à Schaerbeek, non-élue, 3e suppléante, membre du mensuel Binfikir), que je vais forcément tout relater sur mon blog, parce qu’en plus elle n’est toujours pas en situation de force au sein du parti. Quoique, en tant que vraie socialiste elle risque plus que d’autres d’être convoquée à la Commission de vigilance du PS pour contrôler son socialisme. Car vous savez, au PS, on ne discute pas du socialisme de Derya Aliç, d’Emin Ozkara ou d’Emir Kir, mais bien celui d’une socialiste de longue date, Sfia Bouarfa! A mon avis, c’est là le problème et c’est ce que je critique.

Binfikir : Tu mets en doute le socialisme d’Emir Kir?
MK : Bien sûr. Je peux vous donner un exemple: c’est lui qui a amené au PS un certain Murat Denizli, qui l’a “parrainé” comme on dit. Ce n’est pas moi qui prétend cela, ce sont les militants socialistes qui le disent.

Binfikir : Y a-t-il, d’après toi, une différence entre le Mehmet que tu vois dans le miroir et le Mehmet tel que la communauté turque le connaît? Te connaît-on et te comprend-t-on comme tu es?
MK : Je ne crois pas qu’il y ait une différence. Je pense qu’ils me comprennent. Je ne ressens pas le besoin de me faire connaître à la population turque, j’ai grandi dans cette communauté et j’en suis l’enfant. Je suis le gamin du quartier. C’est un fait quand bien même je serais critiqué et perçu comme un traître – mais c’est vous qui pensez qu’on me prend pour un traître. Les médias peuvent m’avoir décrit ainsi et ceux qui ne me connaissent pas personnellement peuvent avoir des réticences, parce que la presse turque à laquelle ils font confiance donne de moi une image négative. Mais ne pensez pas que tout le monde me voit de cette manière, ne regardez pas cette communauté avec les lunettes de cette presse, les lunettes de Belturk. Parce que la vision de la communauté change, même cette presse commence à changer. Même si on ne me connaît pas tel que je suis, ce ne saurait qu’être la faute de la presse turque locale, parce qu’elle ne me donne pas voix au chapitre.

--- encadré ---
“La Turquie ne m’a rien donné”
MK : “Je ne comprends pas que les Turcs vivant ici s’intéressent davantage à la Turquie qu’à la Belgique. Pourquoi les gens qui manifestent pour la Turquie ne sortent jamais de la même manière en nous disant “Prends ton drapeau et marche contre le séparatisme flamand” ? Je comprends encore la première génération mais pourquoi des jeunes comme moi s’intéresseraient-ils plus à la Turquie? J’ai 29 ans. Qu’est-ce que ce pays m’a donné? De plus, on me demande plus de 5.000 € ainsi qu’un service militaire obligatoire. En contrepartie, on ne m’octroie même pas le droit de vote. Moi aussi je voudrais, en tant que citoyen turc, voter pour l’AKP, le CHP ou le MHP. Même le Royaume du Maroc permet à ses ressortissants à l’étranger de voter, ceux-ci ont même des députés qui les représentent au Parlement! Moi aussi je voudrais élire ces gens qui prennent des décisions quant au service militaire et aux frais de passeport de plus de 3 millions de Turcs vivant à l’étranger, avoir des députés qui expriment ma voix à l’assemblée législative. Aujourd’hui le code pénal turc prévoit que pour le même délit qu’un Emirdaglois commettrait au pays, moi, Turc à l’étranger, j’écoperais d’une peine plus lourde! Je critique ce type de discrimination flagrante. Voilà ce que je défends en tant que Turc d’Europe et je compte entamer des actions à ce sujet, je me demande bien qui va me soutenir dans cette démarche.”

lundi, novembre 27, 2006

Il est temps de virer Emir Kir du gouvernement régional !

Ce n'est plus à l'opposition démocratique de demander la démission du secrétaire d'état régional Emir Kir, dont les mensonges éhontés ont été mis à nu une fois de plus, c'est maintenant au ministre-président régional et aux présidents bruxellois et communautaire du PS, Philippe Moureaux et Elio Di Rupo, à renvoyer Kir à la politique communale, voire au poste d'éducateur de rue qu'il occupait avant de devenir échevin en janvier 2001.
Il y a suffisamment d'élus socialistes allochtones compétents pour le remplacer au gouvernement régional, car il est bien légitime que dans une région à la population aussi variée dans ses origines la moindre des choses est de compter au moins un membre allochtone au gouvernement.
Certes, il n'y a aucun candidat qui ait un profil acceptable parmi les élus socialistes d'origine turque, que ce soit au niveau régional ou communal.
Mais là n'est pas la question: il est temps de sortir de cette logique électoraliste ethnique et de privilégier à la fois l'adhésion aux valeurs socialistes, l'absence de double langage communautariste et la compétence, trois critères auxquels Emir Kir ne satisfait manifestement pas. Le bon profil serait quelqu'un qui a
  1. un engagement réel de longue date au sein du PS, et non un simple "encartement" motivé par la recherche d'un emploi
  2. un langage non ambigu vis-à-vis du pays de ses ancêtres, quel qu'il soit, et de ses corréligionnaires, quels qu'ils soient, c'est-à-dire notamment un même discours politique devant un public francophone et devant un public allophone
  3. une compétence avérée, par exemple dans l'exercice d'un mandat exécutif local, de la présidence d'une entreprise publique (logements sociaux, intercommunale, etc.), d'un poste de cadre dirigeant dans une administration publique, dans une entreprise publique ou privée
En cherchant un peu, il doit bien y avoir moyen d'en trouver un(e), j'ai déjà au moins deux noms en tête, mais il y en a certainement d'autres qui correspondent au profil: Jamal Ikazban (échevin à Molenbeek) et Mohamed Ghali (président du Foyer Ixellois).

De toute façon, il ne faut pas traîner, une décision doit être prise rapidement, c'est une question de crédibilité pour le gouvernement régional, dont un membre a désormais perdu toute légitimité morale et politique.

Pierre-Yves Lambert


voir aussi: http://suffrage-universel.blogspot.com/2006/11/alors-emir-tas-sign-ou-pas.html

Le Soir 27/11/2006 p.5

Charles Picqué, ministre-président de la Région bruxelloise, a invité son collègue de gouvernement Emir Kir à dire s'il a signé ou non une pétition remettant en cause le génocide arménien.

http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=662741

La Dernière Heure 25/11/2006

Emir Kir se terre dans le mutisme

Viviane Teitelbaum demande au secrétaire d'État des comptes quant à sa signature sur une pétition négationniste

BRUXELLES Hier, nous annoncions que la signature du secrétaire d'État en charge des Monuments et Sites et de la Propreté publique Emir Kir (PS) se trouvait en bas d'une pétition négationniste.

"Nous rejetons l'allégation injuste et irréaliste de génocide arménien. [...] Nous demandons la suppression immédiate de l'indication sur le monument au prétendu génocide arménien qui offense l'honneur du peuple turc et des Turcs vivant en Belgique." Tel en était l'en-tête...

Hier après-midi, la députée bruxelloise Viviane Teitelbaum (MR-LB) a posé, au Parlement bruxellois, une question d'actualité à Emir Kir à ce sujet. "Je voulais savoir s'il avait signé cette pétition, explique la parlementaire. Il m'a juste répondu qu'il ne répondait pas car c'était une pièce à ajouter à une affaire en justice en cours. Je regrette cette attitude. Se retrancher derrière une procédure judiciaire non liée à la question, c'est un peu facile. Cela montre une attitude dédaigneuse dans le chef du secrétaire d'État." Viviane Teitelbaum compte introduire une interpellation dès ce lundi.

Du côté des partenaires de la majorité, les réactions divergent. Si Yaron Pesztat, chef de groupe Ecolo, laisse le soin au parti socialiste de se prononcer sur cette affaire. Denis Grimberghs va plus loin pour le CDH, "Madame Teitelbaum a peut-être eu le tort de mélanger une affaire en cours avec une question mérite d'être approfondie". Pour le député, il aurait fallu se borner à parler de la signature. Il ajoute aussi que "ce qui me choque le plus, ce n'est pas tant la négation du génocide arménien - je comprends la réticence -, mais c'est la volonté de démanteler un monument de mémoire..."

Rudi Vervoort, chef de groupe PS, a une vision plus réservée de l'affaire. "Il faut être prudent, déclare-t-il. Laissons le temps aux historiens qui, eux-mêmes, ne sont pas d'accord à ce sujet, d'éclaircir ce problème." Et de rajouter, qu'il ne faudrait surtout pas stigmatiser une communauté dans cette histoire. "Mais si le MR veut aller au bout de sa logique, qu'il dépose une motion de défiance contre Emir Kir" , conclut-il.

Mateusz Kukulka


http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=663208

La Dernière Heure 27/11/2006

Picqué invite Kir à s'expliquer

Le ministre-président se demande si le secrétaire d'État a oui ou non signé une pétition niant le génocide arménien

BRUXELLES Invité hier par Pascal Vrebos sur RTL-Tvi, le ministre-président de la Région bruxelloise, Charles Picqué (PS) a été amené à parler de la polémique qui concerne le secrétaire d'État Emir Kir (PS), en charge des Monuments et Sites et de la Propreté publique.

Charles Picqué a demandé à son collègue de gouvernement à dire s'il a signé ou non une pétition remettant en cause le génocide arménien et demandant le démantèlement du monument en mémoire des victimes arméniennes de ces massacres datant de 1915.

"Tu réponds oui ou tu réponds non. Si c'est non, tu ne l'as pas signée, si c'est oui, tu dois savoir, c'est dans ta conscience personnelle, si c'était en connaissance de cause quant au contenu et à la portée de la pétition ou si tu l'as signée en n'étant pas assez attentif", a dit Charles Picqué à propos de cette pétition.

"Ces massacres et ces déportations ont eu lieu. Tout le débat, c'est y a-t-il eu génocide ou pas génocide ? Il y a eu des faits dont une nation se grandirait à dire qu'ils ont eu lieu", a encore déclaré le ministre-président.

Pour le chef de file du gouvernement bruxellois, Emir Kir est dans une position périlleuse. "Vous pouvez être dans une situation difficile parce que vous êtes soumis à une pression, dont il faut d'ailleurs faire l'analyse, c'est la pression d'une communauté qui, aujourd'hui, est très fort marquée par un nationalisme très dur", a-t-il dit en faisant référence à la communauté turque.

Charles Picqué rejoint ainsi les demandes de plusieurs parlementaires bruxellois, dont Viviane Teitelbaum (MR-LB). Vendredi, cette dernière avait posé une question d'actualité au secrétaire d'État à ce sujet. Emir Kir avait, alors, déclaré ne pas vouloir répondre s'il avait oui ou non signé cette pétition.

Nous avons contacté l'attachée de presse d'Emir Kir pour recueillir l'avis de celui-ci. Aucune suite n'a été donnée à notre demande.

M. K.

dimanche, novembre 26, 2006

Alors, Emir, t'as signé ou pas?

Charles Picqué était invité au journal télévisé de 13h sur RTL-TVI, comme "invité du jour" de Pascal Vrebos. Il a été interrogé au sujet de la pétition négationniste signée par son secrétaire d'état Emir Kir, lequel a systématiquement menti depuis deux ans et demi au sujet de sa position sur le sujet.

Le Soir - Fil info dimanche 26.11.2006, 15:24

Le ministre-président de la Région bruxelloise, Charles Picqué, a invité son collègue de gouvernement Emir Kir à dire s'il a signé ou non une pétition remettant en cause le génocide arménien. Tu réponds oui ou tu réponds non. Si c'est non, tu ne l'as pas signée, si c'est oui, tu dois savoir, c'est dans ta conscience personnelle, si c'était en connaissance de cause quant au contenu et à la portée de la pétition ou si tu l'as signée en n'étant pas assez attentif, a dit Charles Picqué.

Sur Radio Vivacité vendredi 24/11/2006 à 07h30

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Sur La1 (RTBF télé) jeudi 23/11/2006 à 19h30


à lire aussi:
Mehmet Koksal, " Emir Kir a signé une pétition visant à démanteler le monument au génocide arménien", Allochtone.be, 23/11/2006
Revue de presse, Négationnisme - "Emir Kir persiste mais... signe", Suffrage Universel (Liste), 24/11/2006