vendredi, juin 12, 2009

Région de Bruxelles-Capitale - Liste PS - Elus et non élus

Tri décroissant par nombre de voix de préférence
source des données: site officiel du service des élections

en gras: les élu(e)s
en vert gras: les élues (Sfia Bouarfa et Michèle Carthé) ayant bénéficié du "pot commun" mais ayant obtenu moins de voix de préférence que plusieurs non-élus
en rouge: les deux premiers non-élus (Ibrahim Dönmez et Rachid Madrane), qui ont obtenu plus de voix de préférences que deux élues mais étaient trop loin sur la liste pour pouvoir bénéficier du "pot commun" (Dönmez rate son élection à 10 voix près, ce qui doit être encore plus frustrant quand on sait que Karine Lalieux, députée fédérale, n'a même pas décidé si elle va siéger à la région ou au fédéral*, ce qui signifie qu'elle ne siègera peut-être même pas, laissant "monter" un suppléant)

%

I

II

III

IV

1

PICQUÉ Charles

37.752

17,21%

0

37.752

11.665

1

3

KIR Emir

11.546

5,26%

0

11.546

11.665

2

7

LAANAN Fadila

8.535

3,89%

0

8.535

7.500

3

2

DUPUIS Françoise

5.626

2,56%

0

5.626

11.665

4

8

DAIF Mohamed

4.389

2%

489

4.878

7.011

8

72

THIELEMANS Freddy

4.276

1,95%

0

4.276

0

12

4

DÉSIR Caroline

3.791

1,73%

1.087

4.878

10.578

5

25

AZZOUZI Mohamed

3.712

1,69%

0

3.712

0

13

6

TOMAS Eric

3.633

1,66%

1.245

4.878

7.500

7

27

EL KTIBI Ahmed

3.435

1,57%

0

3.435

0

14

23

DIALLO Bea

3.423

1,56%

0

3.423

0

15

11

CLOSE Philippe

3.252

1,48%

1.626

4.878

510

11

70

OURIAGHLI Mohamed

3.227

1,47%

0

3.227

0

16

20

SAIDI Fatiha

3.152

1,44%

0

3.152

0

17

29

ÖZKARA Emin

3.106

1,42%

0

3.106

0

18

5

VERVOORT Rudi

3.045

1,39%

1.833

4.878

8.745

6

22

EL YOUSFI Nadia

3.042

1,39%

0

3.042

0

19

19

IKAZBAN Jamal

3.041

1,39%

0

3.041

0

20

71

LALIEUX Karine

3.015

1,37%

0

3.015

0

21

55

DÖNMEZ Ibrahim

2.995

1,37%

0

2.995

0


13

MADRANE Rachid

2.938

1,34%

0

2.938

0


59

GJANAJ Amet

2.853

1,30%

0

2.853

0


69

DEMANNEZ Jean

2.829

1,29%

0

2.829

0


10

BOUARFA Sfia

2.775

1,27%

2.103

4.878

2.136

10

14

EMMERY Isabelle

2.322

1,06%

0

2.322

0


47

LAARISSI Mounir

2.279

1,04%

0

2.279

0


17

CHAPELLE Grégor

2.256

1,03%

0

2.256

0


43

ERRAZI Mohammed

2.247

1,02%

0

2.247

0


53

KOMPANY Pierre

2.234

1,02%

0

2.234

0


28

RAZZOUK Souad

2.233

1,02%

0

2.233

0


45

LAHLALI Mohamed

2.196

1%

0

2.196

0


9

CARTHÉ Michèle

2.106

0,96%

2.772

4.878

4.239

9





I

II

III

IV

%

Région de Bruxelles-Capitale - Liste PS - Candidats d'origine marocaine - résultats




Tri décroissant par nombre de voix de préférence
source des données: site officiel du service des élections

%

I

II

III

IV

7

LAANAN Fadila

8.535

3,89%

0

8.535

7.500

3

8

DAIF Mohamed

4.389

2%

489

4.878

7.011

8

25

AZZOUZI Mohamed

3.712

1,69%

0

3.712

0

13

27

EL KTIBI Ahmed

3.435

1,57%

0

3.435

0

14

70

OURIAGHLI Mohamed

3.227

1,47%

0

3.227

0

16

20

SAIDI Fatiha

3.152

1,44%

0

3.152

0

17

22

EL YOUSFI Nadia

3.042

1,39%

0

3.042

0

19

19

IKAZBAN Jamal

3.041

1,39%

0

3.041

0

20

13

MADRANE Rachid

2.938

1,34%

0

2.938

0


10

BOUARFA Sfia

2.775

1,27%

2.103

4.878

2.136

10

47

LAARISSI Mounir

2.279

1,04%

0

2.279

0


43

ERRAZI Mohammed

2.247

1,02%

0

2.247

0


28

RAZZOUK Souad

2.233

1,02%

0

2.233

0


45

LAHLALI Mohamed

2.196

1%

0

2.196

0


51

LAAOUEJ Ahmed

2.058

0,94%

0

2.058

0


57

OUARTASSI Ahmed

1.940

0,88%

0

1.940

0


54

AMRANI Myriem

1.717

0,78%

0

1.717

0


42

NEKHOUL Yasmina

1.706

0,78%

0

1.706

0


63

BOUHJAR Abobakre

1.474

0,67%

0

1.474

0





I

II

III

IV

%

lundi, juin 08, 2009

Elus d'origine non-européenne au Parlement flamand

  • Güler Turan (SP.A, Anvers), avocate d'affaires, d'origine turque
  • Yamila Idrissi (SP.A, Bruxelles*), ancienne députée régionale bruxelloise (suppléante appelée à siéger), d'origine marocaine
  • Fatma Pehlivan (SP.A, Flandre orientale), ancienne sénatrice fédérale, échevine à Gand, d'origine turque
  • Wouter Van Bellingen (SP.A, Flandre orientale), échevin à Sint-Niklaas, d'origine rwandaise
  • Veli Yüksel (CD&V, Flandre orientale), ex-présentateur télé
  • Chokri Mahassine (SP.A, Limbourg), ancien député fédéral, ancien sénateur fédéral, député sortant, d'origine maroco-palestinienne
Saïd El Khadraoui (SP.A) a par ailleurs été réélu au Parlement européen.


* Il s'agit des sièges bruxellois au Parlement flamand, pas des sièges flamands au Parlement bruxellois (où Fouad Ahidar a été élu sur la liste SP.A)

Résultats des élections régionales en région bruxelloise

Résultats officiels (100% des votes décomptés)

résultats 2004: http://elections2004.belgium.be/fr/bru/results/results_tab_etop.html
résultats 2009: http://elections2009.belgium.be/fr/bru/results/results_tab_BRR21004.html


Listes

- le PS, avec 21 sièges, en perd 5, le MR, avec 24, en perd 1, le CDH passe de 10 à 11 sièges, Ecolo de 7 à 16

- le Front National est éliminé (de 5,42% à 1,91%), ses 4 sièges de 2004 sont donc répartis entre les autres listes francophones

- le Vlaams Belang chute de 34,07% à 17,51%, de 6 à 3 sièges et n'est donc plus le premier parti flamand à Bruxelles

- la Liste Dedecker (3,78%) et la N-VA (4,99%) ont probablement pris des voix au VB, mais n'atteignent pas le seuil des 5%, toutefois la N-VA obtient un siège grâce au système de groupement de listes

- l'Open VLD, qui conserve ses 4 sièges, devient le premier parti flamand, devant le SP.A avec 4 sièges (3 sièges en 2004 en cartel avec Spirit, actuel SLP qui n'obtient que 0,7%), le VB, le CD&V 3 sièges (3 sièges en 2004 en cartel avec la N-VA), Groen! avec 2 sièges ( 1 en 2004) et la N-VA (1 siège)

- parmi les petites listes non représentées dans le parlement sortant, aucune n'atteint le seuil des 5%, la première est Pro Bruxsel (1,67%), suivie par Egalité (1,05%) et musulmans.be (0,99%); le groupement des 3 listes PTB+, PC-PSL-LCR-PH et Vélorution atteint 1,68%; un hypothétique groupement rassemblant ces trois listes et les listes Cap d'Orazio, Egalité, Démocratie Positive, le Parti Socialiste Humaniste et Trèfle aurait obtenu 1,68% + 1,38%, soit 3,06%; même un groupement de listes incluant Pro Bruxsel n'aurait pas permis d'atteindre le seuil des 5%, seul un groupement étendu à musulmans.be aurait dépassé ce seuil, mais il n'était pas politiquement envisageable pour plusieurs des autres listes


Candidats et élus

PS

- 4 candidats dépassent le chiffre d'éligibilité (4.878 voix) et ne puisent donc pas dans le "pot commun" (votes en tête de liste) pour être élus, soit dans l'ordre Charles Picqué (37.752 voix), Emir Kir (11..546 voix), Fadila Laanan (8.535 voix) et Françoise Dupuis (5.626 voix), c'est-à-dire les quatre ministres ou secrétaires d'Etat sortants,

- 6 des 10 premiers de la liste sont élus grâce au pot commun,

- les 10 autres élus le sont donc uniquement grâce à leurs voix de préférences sans atteindre le chiffre d'éligibilité (en 2004, 6 candidats dépassaient le chiffre d'éligibilité, 8 des 14 premiers étaient élus grâce au pot commun, les 12 autres avaient été élus grâce à leurs voix de préférence);

- ne sont pas réélus en 2009 les députés sortants Julie Fiszman, Rachid Madrane, Isabelle Emmery, Willy Decourty, Véronique Jamoulle, Souad Razzouk (élue MR en 2004), Anne Swaelens (suppléante appelée à siéger, qui était cette fois candidate effective), Mohamed Lahlali);

- les nouveaux députés élus sont Caroline Désir (grâce au pot commun), Philippe Close (aux voix), Mohamed Ouriaghli (aux voix) Jamal Ikazban (aux voix), Karine Lalieux (élue en 2004 mais qui avait décidé de siéger au fédéral);

- à noter qu'avant le dépouillement du canton de Molenbeek le PS n'avait que 24 sièges, que Nadia El Yousfi (échevine à Forest, donc hors de ce canton) et Jamal Ikazban (échevin à Molenbeek) n'étaient pas élus, et qu'Ibrahim Dönmez (conseiller communal à Schaerbeek) l'était


MR

- 13 candidats dépassent le chiffre d'éligibilité (4..877 voix) et ne puisent donc pas dans le "pot commun" (votes en tête de liste) pour être élus,

- 10 des 17 premiers de la liste sont élus grâce au pot commun,

- seule Anne-Charlotte d'Ursel est donc élue uniquement grâce à ses voix de préférences sans atteindre le chiffre d'éligibilité;

- la seul élue allochtone est l'ex-secrétaire d'Etat fédérale Gisèle Mandaila (MR-FDF), d'origine congolaise, aucun des candidats d'origine turque, marocaine, indienne ou burkinabée n'est élu;

- Amina Derbaki Sbaï (élue MR en 1999, PS en 2004, à nouveau candidate MR en 2009) n'est pas réélue


CDH

- 3 candidats, Benoît Cerexhe (11.767 voix), Joëlle Milquet (23.487 voix), Bertin Mampaka (6.100) dépassent le chiffre d'éligibilité (5.044 voix) et ne puisent donc pas dans le "pot commun" (votes en tête de liste) pour être élus,

- 3 des 5 premiers de la liste, dont Hamza Fassi-Fihri (3.390 voix), sont élus grâce au pot commun,

- les 5 autres élus, dont Ahmed El Khannouss (3.610 voix), Pierre Migisha (3.402) et Mahinur Özdemir (2.851 voix) le sont donc uniquement grâce à leurs voix de préférences sans atteindre le chiffre d'éligibilité;

- la députée fédérale Clotilde Nyssens (élue en 2004 mais qui avait choisi de siéger au fédéral) n'est pas élue (ce qui fera "monter" un suppléant de moins que prévu), la députée sortante Danielle Caron (élue sur la liste MR en 2004) non plus, de même que les députés sortants Fatima Moussaoui, Julie De Groote (mais par ailleurs 2ème suppléante) et Stéphane de Lobkowitz


Ecolo

- (où les campagnes personnelles sont plus limitées) seuls 2 élus sur 16, la tête de liste et secrétaire d'Etat sortante Evelyne Huytebroek (13.724 voix) et le dernier de la liste, le journaliste Jean-Claude Defossé (6.898 voix), dépassent le chiffre d'éligibilité (4..863 voix) et ne puisent donc pas dans le "pot commun" (votes en tête de liste) pour être élus,

- 10 des 11 premiers de la liste sont élus grâce au pot commun,

- 4 candidats sont donc élus uniquement grâce à leurs voix de préférences sans atteindre le chiffre d'éligibilité: Ahmed Mouhssin (2.679 voix), Jacques Morel (1..708 voix), Anne Herscovici (2.500 voix) et Anne Dirix (1.893 voix);

- le groupe Ecolo comptera donc des députés d'origine marocaine (Zakia Khattabi et Ahmed Mouhssine), belgo-libyenne (Aziz Albishari), colombienne (Marie Nagy) et belgo-rwandaise (Barbara Trachte)


Partis flamands

- parmi les 17 élus flamands siègeront notamment Fouad Ahidar (SP.A), député sortant, d'origine marocaine, et Sophie Brouhon (SP.A), haute fonctionnaire francophone (ex-PS, fille de l'ex-échevin Ecolo, puis indépendant, puis Mouvement Socialiste Jean-Pierre Brouhon, ex-PS)


Députés d'origine non-européenne

En 2004, sans prendre en considération les suppléants appelés à siéger, les 18 députés d'origine non-européenne étaient les plus nombreux au PS (14 sur 26, dont 10 d'origine marocaine, 2 d'origine turque, 1 d'origine guinéenne, 1 d'origine tunisienne), suivi par le CDH (2, dont 1 d'origine marocaine, 1 d'origine congolaise), le MR (1 d'origine marocaine) et le SP.A (1 d'origine marocaine).

En 2009, les 24 députés d'origine non-européenne sont les plus nombreux au PS (12 sur 21, dont 9 d'origine marocaine, 2 d'origine turque, 1 d'origine guinéenne), suivi par Ecolo (5 sur 16, dont 2 d'origine marocaine, 1 d'origine belgo-libyenne, 1 d'origine colombienne et 1 d'origine belgo-rwandaise), le CDH (5 sur 11, dont 2 d'origine marocaine, 2 d'origine congolaise, 1 d'origine turque), le MR (1 d'origine congolaise sur 24 élus) et le SP.A (1 d'origine marocaine sur 4 élus).

Au total, en 2009, sur les 24 députés d'origine non-européenne sur 89 (23 sur 72 députés francophones), il y en a donc 14 (13 francophones) d'origine marocaine, 3 d'origine turque, 3 d'origine congolaise, 1 d'origine belgo-libyenne, 1 d'origine colombienne et 1 d'origine belgo-rwandaise.

Pierre-Yves Lambert, 8 juin 2009, 01h30 (corrections à 19h30)

Députés bruxellois (au Parlement régional bruxellois) d'origine non-européenne:

d'origine marocaine
  1. AHIDAR Fouad (SP.A, député régional sortant depuis 2004, conseiller communal à Jette depuis 2006)
  2. AZZOUZI Mohamed (PS, échevin à Saint-Josse, député régional sortant depuis 1999)
  3. BOUARFA Sfia (PS, députée régionale sortante depuis 1995, conseillère communale à Schaerbeek depuis 1994)
  4. DAÏF Mohamed (PS, échevin à Molenbeek, député régional sortant depuis 1995)
  5. EL KHANNOUSS Ahmed (CDH, échevin à Molenbeek)
  6. EL KTIBI Ahmed (PS, échevin à Bruxelles-Ville, député régional sortant depuis 2004)
  7. EL YOUSFI Nadia (PS, échevine à Forest, députée régionale sortante depuis 2004)
  8. FASSI-FIHRI Hamza (CDH, échevin à Bruxelles-Ville, député régional sortant)
  9. IKAZBAN Jamal (PS, échevin à Molenbeek)
  10. KHATTABI Zakia (Ecolo)
  11. LAANAN Fadila (PS, secrétaire d'Etat sortante à la Communauté française, conseillère communale à Anderlecht)
  12. MOUHSSINE Ahmed (Ecolo, conseiller communal à Saint-Josse)
  13. OURIAGHLI Mohamed (PS, échevin à Bruxelles-Ville)
  14. SAÏDI Fatiha (PS, échevine à Evere, députée régionale sortante depuis 1999, Ecolo jusqu'en 2003)

d'origine turque
  1. KIR Emir (PS, secrétaire d'Etat sortant, échevin empêché à Saint-Josse)
  2. ÖZKARA Emin (PS, conseiller communal à Schaerbeek)
  3. ÖZDEMIR Mahinur (CDH, conseillère communale à Schaerbeek)

d'origine congolaise
  1. MAMPAKA MANKAMBA Bertin (CDH, échevin à Bruxelles-Ville, député sortant)
  2. MANDAILA Gisèle (MR-FDF, ex-secrétaire d'Etat fédérale, conseillère communale à Etterbeek)
  3. MIGISHA Pierre (CDH, ex-présentateur sportif télé sur RTL)

d'origine guinéenne
  1. DIALLO Bea (PS, député régional sortant, échevin à Ixelles)

d'origine colombienne
  1. NAGY PATINO Maria (Ecolo, conseillère communale à Bruxelles-Ville, ancienne sénatrice, ancienne députée régionale)

d'origine belgo-libyenne
  1. ALBISHARI Aziz (Ecolo, conseiller communal à Ixelles, ancien échevin, 2000-2006)

d'origine belgo-rwandaise
  1. TRACHTE Barbara (Ecolo)

affiches et tracts: voir la Tractothèque

samedi, juin 06, 2009

Hamza Fassi-Fihri (CDH), futur secrétaire d'Etat ou président du parlement régional ?

(illustrations: Tractothèque)

extrait de: Fabrice Voogt et Mathieu Benoît, Les Rastignac bruxellois, Le Soir, 4 juin 2009

Il donne parfois l’impression de tout savoir mieux que tout le monde alors qu’il sort du lait de son nez quand on pousse dessus ». À 33 ans à peine, le jeune et lisse Hamza Fassi-Fihri est l’homme fusée du CDH bruxellois. Mais alors que sa présidente n’a pas lésiné sur la quantité de poudre en le bombardant à la troisième place, certains de ses colistiers rêvent presque tout haut à un atterrissage catastrophe de celui qu’ils ont surnommé « Caniche royal ».

Royal, en raison de ses origines : il est issu d’une famille d’aristocrates marocains dont certains occupent ou ont occupé des postes ministériels au Maroc. Caniche, pour sa docilité envers sa présidente et de sa propension à lui conter le moindre détail, notamment les discussions du collège de la Ville, en direct ou par SMS. Sa force ? « Il anticipe les besoins de Joëlle Milquet », explique-t-on. « Elle perd cinq fois par jour ses bics ? Il en a sept dans sa poche. Elle est enrhumée ? Il est prêt à dégainer un mouchoir en papier ». Sa troisième place sur la liste a contribué à affûter les langues. Mais, plus fondamentalement, elle traduit la volonté de Joëlle Milquet de retrouver un ancrage populaire qui n’existait plus à la fin du PSC, un parti que, Hamza Fassi-Fihri, véritable recrue CDH, jugeait à l’époque « trop marqué chrétien », « un parti de vieux, ringard, dépassé ».

Un moment en concurrence avec le Molenbeekois Ahmed El Khannouss, il est devenu l’appât principal pour la communauté bruxelloise d’origine maghrébine, dont il se distingue pourtant par son parcours atypique. Venu à Bruxelles à 12 ans, avec ses parents, il a ensuite effectué sa scolarité au collège Saint-Michel avant de s’inscrire à l’UCL où il a décroché une licence en journalisme. On dit d’ailleurs qu’il s’est rendu indispensable auprès de Joëlle Milquet par sa plume. Il serait « plus secrétaire que doctrinaire ». Pour un collègue, « ses idées, ce sont celles qui comptent, les plus adéquates ».

Tout en stigmatisant son ambition ou son arrivisme, on lui reconnaît, dans le même temps, « une facilité d’adaptation ». « C’est un bosseur qui sait s’emparer d’un dossier et prendre attitude ». Il aurait ainsi très vite assimilé sa fonction de représentation liée à son mandat d’échevin, grâce, notamment, à une faculté à pouvoir communiquer. « À occuper l’espace », rectifie un censeur. Décidément.


extrait de: Pierre-Yves Lambert, Analyse de la liste CDH aux régionales bruxelloises, Suffrage Universel, 26 mars 2009

Hamza Fassi-Fihri n'est pas un enfant d'immigré ni un ex-étudiant étranger, ce diplômé universitaire en journalisme, en sciences économiques et en politique internationale (UCL et ULB), né à Kenitra en 1975, est le fils d'un expatrié marocain venu en Belgique comme cadre d'une grande banque marocaine.

Il est par ailleurs issu d'une des grandes familles aristocratiques marocaines qui a compté et compte encore des hommes politiques influents, Taïeb Fassi-Fihri est l'actuel ministre des Affaires étrangères du Maroc (et neveu du leader de l'Istiqlal et premier ministre Abbas El Fassi) et Abdellah Fassi-Fihri fut brièvement secrétaire d’Etat aux Affaires économiques et à la Coopération en 1972, mais dès 1944 deux Fassi-Fihri, Abdelkbir Fassi-Fihri Ben Hfid et Abdelwahab El Fassi-Fihri, figuraient parmi les signataires du Manifeste de l'Indépendance, acte fondateur du parti de l'Istiqlal, affilié comme le CDH à l'Internationale démocrate centriste, ex-Union mondiale démocrate-chrétienne.

Hamza Fassi-Fihri en était membre, ainsi que correspondant du quotidien francophone du parti, L'Opinion, mais il a déclaré publiquement au cours d'un débat en 2003 qu'il avait rendu sa carte de l'Istiqlal en adhérant au CDH.

Elu conseiller communal à Bruxelles-Ville en 2006, il a remplacé au pied levé Bertin Mampaka comme échevin quand celui-ci a dû « prendre du recul » après des accusations (dont il a été ultérieurement prouvé qu'elles étaient infondées) concernant l'exercice de sa fonction, puis Joëlle Milquet quand celle-ci est entrée au gouvernement fédéral. Parallèlement, il a été appelé à siéger comme suppléant au Parlement régional bruxellois.

mercredi, juin 03, 2009

Brabant flamand - Liste Union des Francophones

liste des candidats de l’Union des francophones (UF) aux élections régionales du 7 juin 2009.
Effectifs




1
Christian Van Eyken
Tervuren
MR-FDF
2
Magali Eylenbosch
Drogenbos
PS
3
Eléonore de Bergeyck - de Moerloose
Wezembeek-Oppem
CDH
4
Sophie de Cannart - van Hoobrouck
Overijse
MRLB
5
Roger Mertens
Wemmel
CDH
6
Roberto Galluccio
Wemmel
PS
7
Lora Nivesse
Kraainem
MRLB
8
Corinne François
Drogenbos
MRFDF
9
Jean Cornand
Leeuw-Saint-Pierre
Indépendant
10
Mohamed Triki
Vilvorde
PS
11
Joëlle Junck - Van Cauwenberghe
Zaventem
MRFDF
12
Patrick Brocka
Beersel
MRLB
13
Anne-Marie Mestdag
Halle
PS
14
Dorothée Terlinden – Cardon de Lichtbuer
Kraainem
CDH
15
Georgios Karamanis
Leeuw-Saint-Pierre
PS
16
Michèle Delbono-Dandoy
Dilbeek
MRLB
17
Daphné Herinckx - t'Kint de Roodenbeke
Rhode-Saint-Genèse
CDH
18
Arnold d'Oreye de Lantremange
Kraainem
MRFDF
19
Damien Thiéry
Linkebeek
MRFDF
20
François van Hoobrouck d'Aspre
Wezembeek-Oppem
MRLB




Suppléants




1
Chloé Debay
Beersel
PS
2
Guy Pardon
Dilbeek
MRLB
3
Véronique Caprasse
Kraainem
MRFDF
4
Josianne Blanche
Zaventem
CDH
5
Annick Bonvalet - Cornely
Wezembeek-Oppem
PS
6
Simon Luamba Pambu
Vilvorde
CDH
7
Jean Dewit
Strombeek - Bever
MRFDF
8
Lydie De Smet
Leeuw-Saint-Pierre
MRLB
9
Edgard Lemmens
Tirlemont
Indépendant
10
Anne Mikolajcsak – Sacré
Beersel
CDH
11
Dominique Houtart
Kraainem
MRLB
12
Anne Deman-Coucke
Grimbergen
MRLB
13
Nicole Geerseau - Desmet
Wezembeek-Oppem
MRFDF
14
Marco Schetgen
Linkebeek
PS
15
Eric Libert
Rhode-Saint-Genèse
MRFDF
16
Olivier Joris
Kraainem
CDH

mardi, juin 02, 2009

Bruxelles 2009 - Liste CDH (liens vers les affiches de la Tractothèque)



1 CEREXHE Benoit

2 MILQUET Joëlle

3 FASSI-FIHRI Hamza

4 FREMAULT Céline

5 du BUS André

6 RIGUELLE Joël

7 MAMPAKA MANKAMBA Bertin

8 MOUSSAOUI Fatima

9 de LOBKOWICZ Stéphane

10 EL KHANNOUSS Ahmed

11 MIGISHA Pierre

12 KÖKTEN Halis

13 VANDEVIVERE Claire

14 van ZEELAND Catherine

15 EL IKDIMI Fatiha

16 ERKAN Ibrahim

17 NYANGA-LUMBALA Mie-Jeanne

18 de KERCHOVE Hadrien

19 MAEKELBERGH Roland

20 EL AYADI Brahim

21 OZDEMIR Mahinur

22 EL ARNOUKI Mohamed

23 SEBBAHI Maryam

24 DE KEYSER Damien

25 BERGERS Laetitia

26 JASSIN Eric

27 EL HAMMOUDI Saïd

28 van HECKE-POUPART Cécile

29 KUNSCH Marie

30 MUTYEBELE Ngoi Lydia

31 VOGLET Claude

32 PONCHON Christine

33 DRADIN Olivier

34 OPDEBEECK Guy

35 URFALI Necati

36 PARMENTIER Nadine

37 NGUYEN Dang Vy

38 KENGAWE ZIAMBI Jérôme

39 JUNG Oliver

40 SCHOLLIERS NDAYA Viviane

41 CORNELISSEN Raphaël

42 ZELLER Thierry

43 MEQOR Amal

44 MOLA Sait

45 AYNAOU Nayyha

46 HACHIMI-DEBRUYNE Candice

47 NOEL Chantal

48 CEUX Christian

49 OLDENHOVE de GUERTECHIN Geneviève

50 ROBA-RABIER Catherine

51 KOUMI Nour

52 CHIKHI Rachid

53 DE FOTSO TCHIENEGNOM Nicolas

54 BASHA Valon

55 YILDIRIM Emel

56 BULDUK Yalçin

57 RAVTOVITCH Evguenia

58 KIMBONDJA KALENGI Nestorine

59 DIMITRIOU Aliki

60 VAN DER SMISSEN Lydia

61 DE KEYZER Luc

62 de CARTIER d'YVES Myriame

63 DRION du CHAPOIS Anne

64 AMRAOUI Mohamed

65 COLLARD Anne

66 MAHDAOUI Rachid

67 DE BAETS Véronique

68 MAHIEU Cédric

69 JACOBS Kathrine

70 CARON Danielle

71 NYSSENS Clotilde

72 DELPEREE Francis


1 DOYEN Hervé

2 de GROOTE Julie

3 RIGUELLE Joël

4 CARON Danielle

5 LEFRANCQ Véronique

6 DEGAND Eric

7 GOSSELIN Benoît

8 OURIAGHLI Karima

9 HALABI Emmanuelle

10 BOUKOURNA Mohammed

11 ERGEN Yusuf Benhur

12 COOMANS Patricia

13 NSIKUNGU AKHIET Mauricette

14 KESREWANI Izabelle

15 WALCKIERS Damien

16 DALLEMAGNE Georges

Bruxelles 2009 - liste MR (liens vers les affiches sur la Tractothèque)


1 DE DECKER Armand
2 BERTIEAUX Françoise
3 GOSUIN Didier
4 PAYFA Martine
5 DESTEXHE Alain
6 PERSOONS Caroline
7 SCHEPMANS Françoise
8 MANDAILA Gisèle
9 DRAPS Willem
10 JODOGNE Cécile
11 DE WOLF Vincent
12 de PATOUL Serge
13 LEMESRE Marion
14 MOLENBERG Isabelle
15 PIVIN Philippe
16 FRAITEUR Béatrice
17 TEITELBAUM Viviane
18 COLLARD Bruno
19 HASQUIN-NAHUM Michèle
20 BOTT Eric
21 HEMAMOU Afaf
22 KOSE Saït
23 DUFOURNY Dominique
24 DE HERDE Michel
25 GILSON Nathalie
26 DERBAKI SBAÏ Amina
27 de JONGHE d'ARDOYE Yves
28 GASIA Christophe
29 d'URSEL Anne Charlotte
30 BACK Alain
31 CHAN Angelina
32 LEFEBVRE Alain
33 DILLIES Boris
34 SERVAES Samuel
35 COOMANS de BRACHENE Geoffroy
36 AZMI Fanane
37 VANDER ELST Alain
38 REGHIF Mohamed
39 CLERCKX Geoffroy
40 COEYMANS Steve
41 VANDE MAELE Patricia
42 WINERLAK-KWIAT Fabienne
43 CASSART Monique
44 GÜLES Filiz
45 KOKSAL Sadik
46 BOELPAEPE Jean-Jacques
47 de CLIPPELE Olivier
48 BROTCHI Jacques
49 DEPRÉ Danielle
50 MBULU Azanga
51 VANDEN STOCK Claire
52 TSHOMBE Marie-Paule
53 BAJAT Myriam
54 KADDOUR Larbi
55 BIERMANN Jonathan
56 VANDERZIPPE Myriam
57 BANDALI Aliya
58 PIETTE Geneviève
59 ES Sandrine
60 CHARUE Françoise
61 BARKHANE Mohammed
62 DEREPPE Christian
63 CALOMNE Gautier
64 PITROIPA Solange
65 DALLEMAGNE Charles Henri
66 BOURGEOIS Delphine
67 GOL-LESCOT Carine
68 SPAAK Antoinette
69 ZENNER Alain
70 CLERFAYT Bernard
71 DE PERMENTIER Corinne
72 MAINGAIN Olivier
1 COLSON Michel
2 ROUSSEAUX Jacqueline
3 SIDIBE Fatoumata
4 VAN GOIDSENHOVEN Gaëtan
5 DE BOCK Emmanuel
6 COOLS Marc
7 LOEWENSTEIN Marc
8 BAESELEN Xavier
9 NIMEGEERS Alain
10 KEMPENEERS Isabelle
11 BAUMERDER Lucile
12 LEJEUNE de SCHIERVEL Colienne
13 COOPMANS Suzanne
14 SMAJDA Laurence
15 LEVY-DUPONT Monique
16 de DONNEA François Xavier

jeudi, mai 14, 2009

Testez votre proximité partisane sur le site du Cevipol !

Centre d’étude de la vie politique de l'Université libre de Bruxelles

Etes-vous plutôt proche du Cdh, d'Ecolo, du MR ou du PS ?

Pour le savoir, faites le test de proximité partisane réalisé par le Centre d'étude de la vie politique de l'ULB en partenariat avec RTL.

Les réponses à vos questions vous donneront un pourcentage de proximité avec les quatre grands partis démocratiques en Communauté française !

Rendez-vous sur le site du Cevipol : www.cevipol.be



(ndPYL J'ai testé, voici mes résultats)

dimanche, mars 22, 2009

Réponse d'Albano Cordeiro à Pascal de Lima

LA QUESTION DE LA DITE «DIVERSITÉ DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE» CONCERNE-T-ELLE LES PORTUGAIS DE FRANCE ET LEURS DESCENDANTS?


par Albano Cordeiro


J’ai bien envie de reprendre le thème développé par Pascal de Lima dans un numéro récent de Lusojornal (19 mars), «Tous les blancs ne sont pas égaux entre eux».

L’article traite du manque de représentation, non seulement politique, mais aussi dans des sphères diverses de l’économie et dans l’espace public.

Le titre fait directement référence à une comparaison entre situations vécues par « des blancs» dans la société française. Ce sujet n’est généralement abordé qu’en comparaison de situations vécues par les «blancs», largement sous-entendus comme étant d’abord et avant tout des franco-français descendants de franco-français depuis des générations, et des français et non français, résidents dans l’hexagone, d’origine maghrébine ou afro-subsaharienne, voire des résidents des DOM-TOM n’entrant pas dans la catégorie des franco-français depuis des générations (des blancs incontestablement du cru, quoi).

Plus d’un pourrait s’étonner que, spontanément, l’on ne pense pas que des asiatiques (indiens, pakistanais, chinois) soient concernés. Pourtant ils constituent des minorités et –en plus- ils sont « physiquement» visibles. Le terme de «minorités visibles» est bien que celui qui est utilisé lorsqu’ est abordée la question des différentiels de représentation politique ou économique entre catégories de population, définies adhoc pour aborder cette question.

Le mystère du silence sur la très faible représentation des portugais et leurs descendants à plusieurs niveaux de la société française.

Alors que cette question, en ce qui concerne la population, en particulier jeune, des populations d’origine maghrébine et afro-subsaharienne, voire des DOM-TOM, est depuis déjà de longue date un sujet très médiatisé, rien ne transpire sur la situation que connaissent d’autres populations issues de l’immigration économique. Limitons-nous au cas des portugais.

C’est un vaste sujet. Dans le cas des dites «minorités visibles», la problématique porte souvent – ou presque totalement- sur la société française elle-même et les structures qui gèrent la vie publique (dont les partis). Peut-on transposer la même analyse sur le cas des autres immigrations dont parle Pascal de Lima ?

Il y a un facteur – qui est aussi présent dans les populations classées dans les «minorités visibles» mais … minoré- qui est l’absence ou faiblesse de réseaux à même de soutenir l’insertion dans le marché du travail d’un jeune diplômé issu d’un milieu familial sans instruction ou non-qualifié. Cette origine familiale mène à subir une inégalité de chances par rapport à d’autres socialement « plus élevés ».

Le droit à une insertion professionnelle, et à une progression de statut dans la profession, n’est pas assuré par la société. La distribution des chances d’une « insertion juste » dans la vie active est telle qu’il faut déjà appartenir à des milieux familiaux avec les moyens d’ «acquérir» et de cumuler des chances, pour faire ensuite de «bonnes carrières».

La situation peut être plus grave pour des enfants de l’immigration (la génération née ou grandie dans le pays d’accueil), dans la mesure où la «transplantation» des parents dans un nouveau milieu, dans un environnement nouveau où ils n’ont pas vécu leur jeunesse, leurs réseaux familiaux pénétrant dans la société d’accueil sont relativement faibles et ne «montent» pas assez haut, pour être d’une aide efficace pour l’insertion de la progéniture dans le monde du travail. Et a fortiori dans le monde politique.

Pourquoi la question de la « diversité de la société française » ne s’adresse qu’à une partie de population issue de l’immigration économique.

Dans le vaste argumentaire de dénonciation et d’analyse des causes des discriminations que subissent les dites « minorités visibles », il y a un non-dit. Un non-dit que, tout de même certaines analyses, peu courantes, signalent. La question derrière et qui est occultée, est liée au contentieux de la décolonisation.

C’est la raison principale pour laquelle, les Portugais - malgré qu’ils ont aussi victimes de la faible propension de la société française à reconnaître sa diversité culturelle - ne sont pas concernés.

En simplifiant, nous dirions que, dans cette question, entrent en jeu deux grands acteurs. Un est le post-colonial (né ou pas en France), et l’autre un acteur, aussi abstrait, qui serait la «société française». Du coté de celle-ci, elle a à faire, dans son sein, à des populations autrefois dévalorisées, du fait d’avoir été colonisées, ou ayant subi - dans un passé encore vivant dans les mémoires - l’esclavage. De cela reste la trace dans l’attitude méprisante de certains français, encore aujourd’hui, à l’égard des africains sub-sahariens et des maghrébins, et une « toile de fond » servant de « justification » aux discriminateurs, qu’ils soient des individus ou des institutions (discrimination « systémique»).

Pour beaucoup, qui assument des attitudes et comportement discriminatoires, à cette question vient se greffer une autre : « ces gens-là ont refusé la chance d’être français et maintenant ils sont là, chez nous, et prétendent qu’ils ont droit à tous nos droits.»

Le post-colonial, il a été francisé (comparativement aux portugais, par exemple), il sait plus ou moins décoder le fonctionnement de l’administration (ils-elles l’ont connue au pays). Ils ont des atouts pour comprendre la société française … il pourrait presque se sentir chez lui.

Mais, il sent que l’on lui nie son appartenance à la société dans lequel il vit (il s’agit de société et non pas de «nation»). Il-elle va donc se servir au maximum des contradictions entre l’idéologie française et la réalité sociale (regardez ce que je dis et pas ce que je fais) et ne cessent de brandir la trilogie « liberté-égalité-fraternité ». Ils disent : « vous, Français, vous n’appliquez pas les principes fondamentaux de la République !».

C’est dans ce contexte que le grand débat en France sur la Diversité se place : il s’agît d’obtenir par des mesures symboliques ((au besoin des quotas), une reconnaissance de leur pleine appartenance à la Société Française. Ou encore, pour ceux qui ont été influencés par l’idéologie républicaniste française, l’appartenance à la Nation Française. Pour quoi pas, s’ils en ont envie ?

Tous les blancs ne sont pas égaux entre eux

Lusojornal, Paris, 19/3/09

Chronique d’opinion

Tous les blancs ne sont pas égaux entre eux
■ Pascal de Lima
Professor em Sciences-Po Paris, économista na Altran Financial

On évoque souvent en France, les difficultés que peuvent rencontrer les minorités pour occuper des vraies fonctions politiques à responsabilité.

Ce raisonnement d’apparence limpide, a pourtant tendance à n’inclure que les minorités «visibles» tout en excluant un très grand nombre de Français issus de l’immigration économique mais de type ethnique «caucasien/européen».

Le XXème siècle fut en effet rythmé par diverses vagues d’immigration économique, de provenances toujours plus larges et diverses et dont les populations, indépendamment de leurs origines, durent, faut-il le rappeler, s’intégrer dans la société française. La consternation vient d’une nouvelle forme de discrimination:
Lorsque des associations de minorités mettent en avant leur absence dans les hautes sphères de la politique, elles ne parlent que des «blacks» et des «beurs», éventuellement des femmes ou des homosexuels; mais, pardon, quid des 10 millions de français «caucasien/européen» arrivés sur notre territoire entre 1936 et aujourd’hui
sans parler de la communauté portugaise et luso-descendante qui peut être estimée à 3 millions dans sa globalité???

Et bien c’est très simple: ils sont tout aussi peu présents ou représentés, parfois même tout simplement absents, ce qui est le cas de la communauté portugaise et lusodescendante pour prendre un exemple. Les associations de lusodescendants ou même encore d’Européens de l’Est venus s’installer dans la foulée de l’élargissement de
l’Europe ne sont pas considérées comme des partenaires crédibles pour la construction d’un projet politique et, si vous proposez un tel programme à l’un des grands partis nationaux, votre projet sera reçu avec mépris, ou si vous avez de la chance, humour.

Certains, dans la foulée de ces déclarations, seraient tentés de brandir haut et fort le drapeau du communautarisme, mais lequel, de quoi parle t-on? Qui applique le mieux ce raisonnement communautariste?

Les minorités non visibles, incapables d’obtenir des places éligibles sur les listes électorales des plus grands hémicycles de la république française? Ou bien ces français, issus de la bourgeoisie, ayant suivi les bons cursus, formatés jusqu’à 18 ans et qui continuent à se partager les postes comme au bon vieux temps de Deferre. Une solution à cela: présentez-vous dans les petites communes. C’est plus discret.
Ne sont ils pas là, la connivence et le socio-népotisme?

La France a changé: sa population est moins homogène, mieux éduquée mieux informée. Les canaux de dissémination de l’information se sont démultipliés et déclinés formant des réseaux complexes. Est-il normal de continuer à gouverner de la même façon, c'est-à-dire en brandissant haut et fort les sirènes de la discrimination par un bout de la lorgnette alors que la partie invisible de l’iceberg est le résultat de la grande machine à discriminer?