dimanche, février 11, 2007

Dalila Amali, une femme de gauche dégoûtée par le PS

Pierre-Yves Lambert
Suffrage Universel 11/02/2007


En 1994, Dalila Amali et son mari le journaliste Lakhdar Ferrat (1) arrivent en Belgique comme demandeurs d'asile, invoquant des menaces à leur encontre. Mme Amali était menacée par des intégristes car, enseignante, elle refusait de porter le foulard: "Des journaux nationaux rapportaient que des enseignantes avaient été battues à mort par des intégristes dans certains lycées et collèges à Blida. La pression se faisait sentir de jour en jour. Ma fille, en 1994, revenait tous les après-midis en pleurant en me suppliant de mettre le foulard car sa maîtresse lui disait: 'si ta mère refuse de porter la foulerd, elle sera tuée'. Ma fille n'était plus allée à l'école depuis janvier 1994 jusqu'au jour où nous avons dû fuir Blida pour s'installer dans un hôtel à Alger. Quelques mois après, nous avions débarqué en Belgique, qui n'était pas notre destination de départ. ". Rapidement, tous deux obtiennent le statut de réfugiés, et Madame Amali acquiert la nationalité belge en 1998.

Née en 1961 à Blida, Dalila Amali avait enseigné l'histoire et la géographie dans le secondaire inférieur de 1985 à 1994, c'est donc tout naturellement qu'elle suit la scolarité de ses enfants, participe à la vie de leur école et, dès 1995 devient animatrice dans les écoles de la Ville de Bruxelles dans le cadre du projet d’Aide à la réussite, sans pour autant obtenir une rémunération en rapport avec son diplôme algérien, pourtant équivalant à un régendat belge mais jamais reconnu pour des raisons d'ordre administrativo-politique (l'obligation de retourner en Algérie pour la légalisation alors que cela comportait des risques pour elle). En 1999, elle enseigne l'arabe au Centre culturel arabe de Saint-Josse et devient parallèlement membre du Conseil des Bruxellois d’origine étrangère.

Engagée comme secrétaire de cabinet par l’échevin de l’Instruction publique de la Ville de Bruxelles, le socialiste Jean-Baptiste De Cree, c'est tout naturellement que le PS la sollicite pour figurer sur sa liste pour les élections communales d'octobre 2000.

A la suite d'une campagne électorale active, elle est élue à la douzième place sur treize avec 654 voix alors qu'elle ne figurait qu'en trente-deuxième position. Il faut souligner ici que sur 8 candidats d'origine maghrébine, 7 furent élus, dont 3 femmes (2 d'origine algérienne, 1 d'origine marocaine) et 4 hommes (3 d'origine marocaine, 1 d'origine tunisienne).

Son patron l'informe qu'elle ne pourra pas conserver son emploi communal, incompatible avec un mandat politique dans la même commune, elle choisi le mandat "pour ne pas décevoir tous les gens qui ont voté pour moi, envers lesquels j'estimais avoir des responsabilités" et démissionne de son poste de secrétaire de cabinet. "Après coup, j'ai réalisé que ce n'était pas ce qu'on aurait attendu de moi, on m'a fait comprendre que le Président Di Rupo aurait bien voulu voir siéger un avocat d'origine espagnole, Olivier Puebla Prado, bien placé sur la liste mais non élu et qui, si j'avais démissionné, aurait été appelé à siéger".

Dalila Amali n'intègre pas très bien les règles internes imposées par le parti à ses conseillers, et elle n'hésite pas à intervenir à diverses reprises au conseil communal pour poser des questions, mais réalise que celles-ci sont quasiment toujours écartées de l'ordre du jour. Elle s'en ouvre à son ancien patron, toujours échevin, qui lui propose de lire ses projets d'interventions avant qu'elle les introduise, afin de vérifier si elles ne risquent pas de mettre le collège dans l'embarras.

Habitante d'un logement social de la société coopérative (scrl) LO.RE.BRU. dans le quartier de Neder-Over-Hembeek, Mme Amali est par ailleurs élue déléguée de son immeuble et, à ce titre, joue un rôle actif dans le Comité de fêtes qui organise une fête annuelle de quartier.

Ainsi, le 9 juin 2002, la fête est un succès grâce à la participation bénévole de nombreux habitants, dont une grande partie sont d'origine maghrébine. Dès lors, quelle n'est pas la surprise du Comité de fêtes de voir affichée dans les halls d'entrée des immeubles du quartier, en août, une feuille recto verso en couleurs éditée par le président de LO.RE.BRU, le conseiller communal socialiste et président du PS de Bruxelles-Ville Christian Van Der Linden. Surprise parce que, même si les noms des bénévoles ont bien été mentionnés, on n'aperçoit sur les photos que des têtes de "Belgo-Belges".

La réaction des locataires, dont beaucoup n'ont découvert ce "journal" qu'à leur retour de vacances en septembre, est marquée du sceau de la déception et de la colère, "les mois de septembre et octobre, le quartier était en effervescence, les parents voulant réagir par rapport au journal et les jeunes par rapport à la maison de jeunes et ne juraient que par le feu" (extrait d'un courrier de D. Amali à Philippe Moureaux le 22/12/2004, voir scan au bas de l'article).

Le Comité de fêtes décide, après avoir réclamé et attendu en vain une rencontre avec les responsables de LO.RE.BRU., d'écrire une lettre de protestation, qui est envoyée le 27 novembre 2002 à LO.RE.BRU., au bourgmestre (PS), au ministre du Logement (PS), à l'échevin de l'égalité des chances (Agalev) et aux responsables du PS. Enfin reçus, ou plutôt "convoqués", par LO.RE.BRU., les membres du Comité se font taper sur les doigts par le Président Van Der Linden, qui refuse, à une exception près, de donner la parole à sa "camarade" Amali, qui découvre à cette occasion qu'une deuxième feuille, en noir et blanc, est produite par le président alors qu'elle n'a jamais été affichée, seul le recto-verso en couleurs l'ayant été. Bien évidemment, le feuillet supplémentaire inclut des photos jusque-là non publiées et a pour but de délégitimer les accusations du comité.

En février 2003, le conseil d'administration de LO.RE.BRU. envoie une lettre à Dalila Amali la menaçant d'un dépôt de plainte si elle ne se rétracte pas vis-à-vis des accusations mentionnées dans la lettre du comité. Elle refuse, et se voit convoquée par la police en juin, elle dépose alors elle-même plainte contre LO.RE.BRU.

Malgré plusieurs tentatives de compromis amiable par avocats interposés, y compris via le bourgmestre PS Freddy Thielemans et le chef du groupe PS au conseil, Mahfoudh Romdhani, Christian Van Der Linden maintient la plainte, soutenu par son bureau exécutif et son conseil d'administration, pourtant composés d'élus de divers partis et origines.

Le 25 février 2005, Dalila Amali est condamnée pour diffamation en première instance, elle interjette aussitôt appel et, quelques mois plus tard, obtient un premier témoignage (scan au bas de l'article) en sa faveur d'un membre du bureau exécutif de LO.RE.BRU., Mohamed Saïdi M'rabet (passé en juin d'Ecolo, majorité, au FDF, opposition), dans lequel celui-ci se dit notamment "aussi étonné de constater que cette feuille a été ajoutée au journal, alors que l'original que j'avais reçu de LO.RE.BRU. ne contenait qu'une double page recto-verso avec des photos en couleurs", et constate qu'il n'a pas été mis au courant de l'entièreté du dossier par le président et la direction de la société.

Deux mois plus tard, c'est au tour du président du FDF de Bruxelles-Ville, le conseiller communal Alain Nimegeers, membre du conseil d'administration de LO.RE.BRU. depuis 11 ans, de constater (scan au bas de l'article) qu'"à la relecture du document les affirmations de Mme Amali sont fondées quant aux personnes représentées ou non-représentées sur les photos": "il est vrai que par probablement inattention je ne me suis pas rendu compte qu'il manquait dans la forme couleur du document un troisième feuillet".

Lors de la séance du 6 février 2006 du conseil communal de Bruxelles-Ville, une communication est annoncée par le bourgmestre: "Mme Dalila AMALI, Conseillère communale, annonce qu'elle a démissionné du parti P.S.- A partir de ce jour, elle rejoint le groupe MR.". Complètement dégoûtée de l'attitude de ses "camarades" socialistes malgré ses convictions politiques ancrées à gauche, elle a en effet fini par décider de les quitter pour la formation amarante, qui présente un profil de centre-gauche. Un événement qui sera rapporté dans un article plein de contre-vérités par le journaliste du Soir Fabrice Voogt qui n'hésite pas à écrire qu'elle aurait été "condamnée sur base de la Loi Moureaux sur le racisme, pour avoir traité publiquement de « raciste » le président de Lorebru (Logement régional bruxellois), Christian Van der Linden, socialiste lui aussi". Malgré deux mails envoyés par Mme Amali à Voogt, celui-ci a refusé de publier le moindre correctif. Bien plus, il prétend maintenant n'avoir jamais reçu de mail ni de coup de téléphone à ce sujet, et ne se souvient plus de la source de ses informations. Pas de chance, les mails ont été conservés...

Deux semaines plus tard, c'est au tour du conseiller communal PRL Claude Michel de se fendre d'une missive de soutien à Dalila Amali: "le document-reportage qui m'a été adressé en date du 29 août 2002 par le Comité "Fête du 9 juin" sous le titre "Le Coin des Cerises - 9 juin 2002 : la fête du quartier Versailles en images" était bien constitué d'un seul feuillet A4 en quadrichromie, imprimé recto-verso, et présentant, outre divers textes, un ensemble de 6 photos sur la face avant, et de 9 photos au verso". Exit donc le troisième A4 en noir et blanc, qui avait servi de pièce à conviction essentielle lors du procès en première instance.

Candidate en octobre 2006 sur la liste Renouveau Bruxellois, composée de membres du Mouvement Réformateur et du Mouvement Socialiste (dont... son ancien patron désormais ex-PS, Jean-Baptiste De Cree), Dalila Amali n'est pas réélue, n'obtenant cette fois que 200 voix et une place de 19ème suppléante, au terme d'une campagne électorale où elle a vécu sur le terrain les effets de la campagne anti-algérienne menée par certains candidats PS d'origine marocaine dont Mohammed Boukantar:

"J'allais voir des femmes dans des associations avec un jeune d'origine marocaine qui m'aidait pour la campagne, et après il m'a confié qu'il s'était fait reprocher d'"avoir invité chez nous cette Algérienne". Je n'avais jamais ressenti une telle ambiance raciste en raison de mon origine lors de la campagne précédente, ni même dans la vie quotidienne, je n'en revenais pas et j'ai seulement compris ce qui se passait quand des amis d'origine marocaine, honteux et révoltés de l'attitude de certains de leurs compatriotes, m'ont montré des sms appellant à ne pas voter pour les candidats "algériens" afin de défendre la "cause nationale du Sahara". Plusieurs d'entre nous ont particulièrement été visées par cette campagne, moi-même à Bruxelles et Ghezala Cherifi à Saint-Gilles notamment. Alors que nous avons toutes deux été très actives, en tant que citoyennes et en tant que Maghrébines, dans des actions bénévoles en faveur des Marocains, notamment début 2004 avec la CoCaBe (Coordination des Organisations Arabes de soutien à la Palestine) dans la collecte de vivres et de vêtements en favur des victimes du tremblement de terre à Al-Hoceïma."

Aujourd'hui, Dalila Amali est amère, mais elle envisage désormais avec espoir l'audience de la 15ème chambre de la Cour d'Appel mardi 13 février 2007 à 14h dans l'affaire qui l'oppose à LO.RE.BRU. Une audience qui, elle en est sûre, permettra à la vérité d'éclater. Et, même si elle n'ose pas évoquer cette éventualité, qui pourrait bien entraîner des poursuites pour faux et usage de faux à l'encontre de Christian Van Der Linden, toujours président de la section PS de Bruxelles...

(1) Le couple Amali-Ferhat a entretemps divorcé.

Courrier de Dalila Amali à Christian Van Der Linden (10/12/2004) - cliquer sur l'image pour l'agrandir


Courrier de Dalila Amali à Philippe Moureaux (22/12/2004) - cliquer sur l'image pour l'agrandir


Courrier de Mohamed Saïdi M'rabet (25/11/2005) - cliquer sur l'image pour l'agrandir


Courrier d'Alain Nimegeers (18/01/2006) - cliquer sur l'image pour l'agrandir



Courrier de Claude Michel (21/02/2006) - cliquer sur l'image pour l'agrandir

Souad Razzouk: "Je préfère être à la droite d'un parti de gauche qu'à la gauche d'un parti de droite"

à lire aussi:
http://users.skynet.be/suffrage-universel/be/razzouk.htm
http://allochtone.blogspot.com/2006/05/razzouk-lislamiste-du-fdf.html
http://tractotheque.blogspot.com/2006/08/bruxelles-ville-liste-renouveau_27.html

http://photos1.blogger.com/blogger/1412/3323/1600/razzouk06tract01s.4.jpg

http://www.razzouk.be/accueil.htm




Publié le Jeudi 13 octobre 2005 dans Le Soir, page 21, édition Bruxelles
BRUXELLES
Razzouk reste au MR
Souad Razzouk ne sera pas sur les listes du CDH aux prochaines élections communales. La députée régionale FDF confirme qu'elle figurera bien sur la liste MR emmenée par Marion Lemesre à la Ville de Bruxelles. Je n'ai jamais été approchée par Joëlle Milquet (NDLR : présidente du CDH et tête de liste à Bruxelles), précise la parlementaire bruxelloise. J'ai de bons contacts avec Bertin Mampaka mais je reste fidèle aux idées de mon parti. Dans un communiqué, Bertin Mampaka a quant à lui tenu à réagir aux déclarations du FDF qui évoque une tentative de débauchage à laquelle il se serait livré. L'échevin bruxellois souligne qu'il n'a jamais eu un tel dessein. Les rumeurs ont encore un an devant elles. (F.V.)


http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=330369

LA JOURNÉE

Mis en ligne le 06/02/2007

Souad Razzouk indépendante

La députée FDF Souad Razzouk a décidé de siéger comme indépendante pour "des raisons idéologiques" . "Je n'ai pas retrouvé dans les Réformateurs sociaux ce qu'ils avaient annoncé au niveau social", déclare-t-elle. "Le président du FDF Olivier Maingain n'a pas inventé l'eau chaude avec le libéralisme social" , poursuit-elle. Et de noter, "avant de s'appeler "Réformateurs", il faudrait d'abord faire une réforme de l'intérieur". La députée enverra aujourd'hui sa lettre au président du Parlement bruxellois ainsi qu'au président de la Cocof. "Je reste première suppléante à Bruxelles-Ville. Mais, il y aura un effet boule de neige car beaucoup de conseillers communaux, issus de l'immigration pour la plupart, vont aussi quitter le MR", prévient-elle.


http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=682185

Date: 06/02/2007
Section: INFORMATIONS GENERALES
Sous Section: BELGIQUE

Souad Razzouk quitte le FDF

La députée siégera en tant qu'indépendante au parlement bruxellois

BRUXELLES Cela fait un bail que Souad Razzouk mûrit sa décision. Un an et demi à peu près. Assistante sociale de formation, la députée bruxelloise l'a prise officiellement hier par le biais d'un courrier adressé aux présidents du parlement bruxellois Eric Tomas (PS) et du parlement francophone bruxellois Christos Doulkeridis (Ecolo).

Lancée dans le bain politique via le maïeur FDF d'Auderghem Didier Gosuin voici quelques années, Souad Razzouk a décidé de quitter le FDF. Et le MR par la même occasion. Elle siégera en tant qu'indépendante au parlement bruxellois. Sans vouloir faire de cette décision une affaire de personnes, Souad Razzouk affirme ne plus se retrouver avec l'idéologie menée par son président Olivier Maingain.

"En dehors du fait qu'il ait un comportement dictatorial au sein de son parti, je trouve que ce parti n'a plus aucune idéologie. Cela fait deux ans que le bureau politique du FDF - chaque lundi - n'est consacré qu'à la commune de Woluwe-Saint-Lambert et aux communes périphériques. D'accord, c'est important. Mais largement insuffisant pour un parti qui se prétend être le principal réformateur social du pays", affirme Souad Razzouk.

Boycottée par le FDF lors des dernières communales

Souad Razzouk ne compte pas rempiler dans un autre parti démocratique, "pour l'instant". Elle reste évidemment ouverte aux éventuelles propositions mais souhaite d'abord prendre un peu de recul.

Si aucun élément déclencheur fort n'a motivé la décision de Souad Razzouk, l'épisode des dernières élections communales témoigne de la toute relative affection que le FDF portait à l'encontre de l'une de ses candidates. "J'ai clairement été exclue de cette campagne. Chaque candidat a reçu 3.000 tracts du FDF, moi rien. Je n'étais même pas sur les photos. Leur argument ? Tu n'étais pas là quand on a fait les photos...", se souvient celle qui affirme ne pas être une vraie politicienne.

Mathieu Ladevèze


http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=1083&art_id=330502

Politique

"Je suis soulagée", dit Souad Razzouk
Stéphanie Bocart

Mis en ligne le 07/02/2007
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La députée MR-FDF Souad Razzouk a décidé de siéger comme indépendante.
En cause ? Elle ne se retrouve plus dans l'idéologie du parti.
Youssef Archich, conseiller communal libéral à Bruxelles-Ville, lance, lui, un appel fort au MR.

Je suis soulagée", s'exprime la jeune députée d'origine marocaine Souad Razzouk, également première suppléante à la Ville de Bruxelles. "J'ai envoyé ma lettre lundi au président du Parlement bruxellois Eric Tomas ainsi qu'au président du Parlement francophone bruxellois Christos Doulkeridis. Et ce matin (mardi), je ne regrette rien", ajoute-t-elle.

Mme Razzouk a en effet décidé de quitter le Front démocratique des francophones (FDF) pour siéger comme indépendante (LLB 6/2). A l'origine de cette décision ? "Je ne me retrouve plus dans l'idéologie du MR-FDF", explique-t-elle.

"Deux tendances au FDF"

Assistante sociale de formation, Souad Razzouk se décrit comme "un agent de changement", et "je me suis lancée en politique car, pour moi, la politique est un vecteur de changement".

En 2002, la jeune femme devient attachée au cabinet du ministre Didier Gosuin (MR-FDF). "J'ai connu le FDF grâce à Didier Gosuin. Mais, dès le début, je me suis posé des questions", raconte-t-elle. "Je pense par exemple que plaider la suppression du bilinguisme est un leurre. Moi, je suis pour l'immersion linguistique ", soutient-elle. "Bien sûr, Didier Gosuin encourage aussi l'immersion linguistique mais c'est un ténor. Il peut faire ce qu'il veut dans sa commune".

Selon Souad Razzouk, il y a deux tendances au sein du FDF : "il y a le libéralisme social, incarné par Didier Gosuin, et il y a le FDF pur et dur de son président Olivier Maingain. Et je me situe plus dans le "Gosuinisme"". "Il faut un débat pour avancer. Les citoyens demandent que l'on s'occupe du logement, de la mobilité, etc. Il est temps que le FDF s'intéresse à d'autres problématiques que le linguistique et l'institutionnel. Il doit s'intéresser aux Bruxellois et pas uniquement aux habitants de la périphérie", lance-t-elle.

La députée se dit aussi choquée par certains propos de son président : "prenons l'exemple de Jean-Pierre Cornelissen, à Koekelberg. Il a été exclu du FDF parce qu'il y avait un VLD sur sa liste. Une telle attitude de M. Maingain me choque. Il y a aussi des conflits dans d'autres partis mais il y a de la solidarité. Or, au FDF, on manque de solidarité".

Néanmoins, Mme Razzouk précise bien qu'elle "quitte le FDF par idéologie et non à cause d'une personne". "M. Maingain clame que nous sommes des Réformateurs sociaux mais ce discours ne tient qu'au congrès. Or, j'ai toujours gardé la même ligne de conduite dans la politique que je me suis forgée", explique-t-elle.

Enfin, si Souad Razzouk souhaite pour l'instant prendre du recul, elle reconnaît qu'"il n'est pas exclu que je siégerai plus tard dans un autre parti" . Parti qui pourrait être le CDH. Mme Razzouk ayant déjà été approchée, quelques mois avant les élections communales 2006, par Bertin Mampaka, alors échevin CDH de la Propreté publique à la Ville de Bruxelles.

"Exister dans le parti"

"Souad Razzouk n'avait pas d'autre choix. Sinon, elle est morte politiquement" , commente Youssef Archich, conseiller communal libéral à Bruxelles-Ville. "Si le MR l'avait davantage soutenue pendant la campagne et lui avait donner une plus grande visibilité, elle aurait récolté plus de voix, notamment auprès de la communauté maghrébine", complète-t-il.

Pour lui, les candidats d'origine immigrée ne doivent pas uniquement exister dans le parti en période d'élections : "les candidats d'origine immigrée doivent exister dans le parti et jouir d'une plus grande visibilité dans le bureau du parti, les antennes sociales, etc." "Je dois rencontrer cette semaine des membres du cabinet de Didier Reynders pour en discuter. J'ai encore une petite marge d'espoir mais si mon appel n'est pas entendu, je suis prêt à quitter le parti", assure M. Archich.

Et de conclure, "Lorsque Louis Michel était président du MR, il avait montré une volonté d'ouverture à la population immigrée. J'attends son retour".

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=1083&art_id=330780

Brèves
Mis en ligne le 08/02/2007

Dans l'article "Je me sens soulagée, dit Souad Razzouk" (LLB 7/2), une erreur s'est malencontreusement glissée. M. Youssef Archich n'est pas, comme cité dans l'article conseiller communal à la Ville de Bruxelles, mais est bien conseiller suppléant. Avec nos plus sincères excuses.


http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=330591

LA JOURNÉE

Mis en ligne le 07/02/2007
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Olivier Maingain quelque peu surpris

le président du FDF Olivier Maingain a déclaré n'avoir perçu aucun indice pouvant laisser présager que la jeune députée Souad Razzouk quitterait le parti. La jeune femme a en effet décidé de siéger comme indépendante (LLB 6/02), car "je ne me retrouve plus dans l'idéologie du parti". Olivier Maingain, attribue, pour sa part, cette décision à du dépit. "Mme Razzouk était placée 5 e sur la liste du Renouveau bruxellois à Bruxelles-Ville. Elle n'a pas récolté les voix qu'elle escomptait (NdlR : Mme Razzouk est première suppléante)". Pour Didier Gosuin, il revient au président du FDF de tenir une réunion franche avec Mme Razzouk afin de définir des perpectives claires de l'avenir de Souad Razzouk au sein du FDF.



http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=1083&art_id=330501


"Les ponts ne sont pas rompus"
St. Bo.

Mis en ligne le 07/02/2007
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Le président du FDF Olivier Maingain s'étonne quelque peu de la décision de Souad Razzouk. Il y voit une décision par dépit.

Aucun indice ne m'a laissé entendre que Souad Razzouk prendrait une telle décision", déclare Olivier Maingain, président du FDF. "Selon moi, elle a pris cette décision par dépit en raison des résultats des élections à Bruxelles-Ville (NdlR : Mme Razzouk est première suppléante)", poursuit-il. Et de commenter, "Mme Razzouk était bien placée sur la liste du renouveau bruxellois. Elle était cinquième. Or, malgré un soutien actif du parti pendant la campagne, elle n'a pas obtenu le résultat qu'elle escomptait. Sans doute est-ce dû à un manque d'engagement personnel".

Alors que la jeune députée reproche au FDF d'"oublier" certaines problématiques, M. Maingain affirme, pour sa part, que "le FDF brasse des sujets très larges qui vont au-delà de l'institutionnel et du communautaire" . "Je ne sais pas s'il s'agit d'un état d'âme passager ou d'une décision définitive. En tous les cas, les ponts ne sont pas rompus avec Souad Razzouk", ajoute-t-il.

Quand à Didier Gosuin, il voit davantage la décision de Mme Razzouk comme liée à un problème interpersonnel. "Il est incontestable qu'il y a avait de l'eau dans le gaz entre Mme Razzouk et M. Maingain. Le problème réside dans une incompatibilité de perceptions, des affronts personnels, et puis le sentiment qu'a eu Mme Razzouk d'être "lâchée" par son président à Bruxelles-Ville alors qu'il avait des contacts", explique M. Gosuin.

Par ailleurs, pour le bourgmestre d'Auderghem, il revient à présent au président du parti de tenir une réunion franche entre les deux protagonistes et de dresser les perspectives claires d'avenir de Souad Razzouk au sein du parti. "Car malgré l'amitié qui me lie à Souad Razzouk, ce n'est pas à moi de "recoller les morceaux"", précise-t-il.

Enfin, au vu de cette dernière actualité, il serait peut-être utile que le FDF s'interroge sur sa manière de travailler avec les jeunes députées car Souad Razzouk n'est pas la première à "claquer la porte" du FDF. En effet, Danielle Caron et Amina Derbaki Sbaï ont toutes deux quitté le FDF pour rejoindre respectivement les rangs du CDH et du PS.


http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/2007/02/07/article_politique_olivier_maingain.shtml

Politique Olivier Maingain laisse la porte du FDF ouverte

Razzouk : marre de l'amarante

DUBOIS,FRANCIS

Le Soir mercredi 07 février 2007, 02:49

J eune, jolie, enthousiaste. Souad Razzouk a connu une ascension fulgurante en politique : après avoir récolté 3.522 voix aux législatives de 2003, elle est élue députée régionale en 2004 avec le score plus qu'honorable de 2.478 suffrages sous la bannière du FDF.

Pour les élections communales d'octobre 2006, elle quitte Molenbeek, où elle a exercé la profession d'assistante sociale, pour venir ferrailler à la Ville de Bruxelles, à une bonne 5 e place sur la liste emmenée par Marion Lemesre. Au terme d'une campagne erratique, elle échoue avec 377 voix seulement.


Aujourd'hui, la députée entame un nouveau virage : elle quitte le FDF pour siéger en indépendante. « C'est une décision longuement mûrie, assure-t-elle. Je ne me reconnais plus dans le FDF, qui ne porte aucun débat sociétal hormis les questions institutionnelles liées à la périphérie et à... Woluwe-Saint-Lambert ».

Le président Olivier Maingain apparaît clairement dans le collimateur. « J'ai travaillé avec Didier Gosuin. J'espérais qu'il s'empare de la présidence du parti pour remettre l'accent sur le social, mais il a été obligé de retirer sa candidature »...

« Mal-être personnel »

L'accueil qui lui fut réservé par la section bruxelloise du FDF emmenée par Alain Nimegeers n'est certes pas étranger à la rupture. On se souviendra notamment de ce tract distribué avant les communales, où la photo de la candidate Razzouk n'apparaissait pas sur les prospectus...

« On m'a complètement exclue de la campagne. J'ai été lésée. Mais, tempère la députée rebelle, on ne part pas pour des conflits de personnes ».

Aujourd'hui, Souad Razzouk reprend donc son indépendance. Avant de se tourner vers une autre formation ? « J'aime beaucoup le côté humaniste du CDH, mais il est devenu le CDR, avec un R comme religieux : ils n'ont pas mis l'Eglise de côté, ils ont juste rajouté la mosquée ».

Et vlan ! Le PS, alors ? La question n'est pas à l'ordre du jour, mais « je préfère être à la droite d'un parti de gauche qu'à la gauche d'un parti de droite ».

Le président du FDF Olivier Maingain, lui, met cette défection sur le compte d'un « petit dépit, un mal-être personnel » lié à l'échec électoral à Bruxelles-Ville. « La porte reste ouverte », rassure-t-il. Sur les critiques relatives au domaine social, il répond que « nous préparons le deuxième congrès des réformateurs sociaux pour avril. Rien n'a changé dans notre discours, ni dans notre programme ».


http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/2007/02/14/article_politique_mon_combat_le.shtml

Le Soir, 14/02/2007, page 8: Souad Razzouk passe du FDF au PS

Politique « Mon combat ? Le social »

Souad Razzouk passe du FDF au PS

« J'ai adressé lundi un courrier au président du parlement Eric Tomas pour l'informer de mon adhésion au groupe PS. » Une semaine à peine après avoir claqué la porte du FDF, la députée régionale Souad Razzouk, qui s'était d'abord déterminée à siéger comme indépendante, a trouvé un nouveau refuge pour redonner de l'élan à son engagement politique. « J'avais vraiment envie de réintégrer un groupe. Seule, mon action aurait été limitée. »

Cette conversion soudaine, l'élue bruxelloise la justifie par son intérêt pour les problèmes sociaux, dont elle considère que le Mouvement réformateur fait trop peu de cas. « Je suis assistante sociale de formation. Cela fait un an et demi que je réfléchissais. Depuis que je siège au parlement, il m'est arrivé plusieurs fois de m'abstenir par rapport aux choix du MR. Dès que j'ai appris que Philippe Moureaux était prêt à m'accueillir, je n'ai pas hésité. Je me suis rendu compte que je suis une socialiste qui s'ignore. »

Dès vendredi, Souad Razzouk ira donc s'installer sur les bancs du groupe socialiste lors de la séance plénière du parlement bruxellois. Les manifestations de soutien qu'elle dit avoir reçues de militants du MR n'ont pu infléchir sa décision : « Au MR, ils ne parviennent pas à comprendre que je suis partie pour des raisons idéologiques. »

Après le passage de Danielle Caron du FDF au CDH et celui, en sens opposé, de Carine Vyghen du PS au MR, le jeu de chaises musicales se poursuit sur l'échiquier bruxellois...

FRANCIS DUBOIS

mercredi, février 07, 2007

Le nouveau gouvernement néerlandais comptera un ministre travailliste d'origine marocaine

Pierre-Yves Lambert
07/02/2007

C'est seulement ce mardi 6 janvier, soit dix semaines après les élections législatives du 22/11/2006, qu'a été finalisé l'accord de coalition entre chrétiens-démocrates du CDA, travaillistes du PvdA et christianistes modérés de ChristenUnie (CU), formant ainsi une majorité de 80 sièges sur 150 à la Chambre des députés. Sur 16 ministres, il y en aura 8 du CDA, 6 du PvdA et 2 de la CU, plus environ dix secrétaires d'Etat. Il semble d'ores et déjà acquis que les leaders du PvdA et de la CU, Wouter Bos et André Rouvoet, deviendront chacun vice-premiers ministres dans le gouvernement Balkenende IV, puisque c'est bien le leader démocrate-chrétien qui rempilera à la tête du gouvernement. Le président du parti travailliste, Michiel van Hulten, a quant à lui déjà déclaré que la direction du PvdA souhaite confier la moitié de ses portefeuilles à des femmes, et que les négociateurs travaillistes feront pression sur leurs homologues CDA et CU pour qu'ils s'efforcent d'aller dans ce sens.

Contrairement à ce qui s'était passé sous le gouvernement sortant de centre-droit, les portefeuilles de la politique des étrangers (demandeurs d'asile, regroupement familial) et de l'intégration ne seront plus gérés par un même ministre, un poste occupé de mai 2003 à décembre 2006 par Rita Verdonk (du parti libéral de droite VVD), la "dame de fer". Le premier portefeuille redeviendra de la compétence d'un simple secrétaire d'Etat sous l'autorité du ministre de la Justice, le second sera joint à celui du logement pour être confié à l'actuel échevin PvdA d'Amsterdam, Ahmed Aboutaleb, qui deviendra ainsi le premier ministre néerlandais d'origine marocaine.

Pour rappel, il y avait déjà eu le 22 juillet 2002, l'espace de quelques heures, une secrétaire d'Etat aux affaires sociales et à l'emploi d'origine afro-surinamienne ("créole"), Philomena Bijlhout, députée élue sur la Liste Pim Fortuyn (LPF), sa présence au sein du gouvernement de droite n'avait pas survécu à des révélations sur son passé de membre d'une sanglante milice pro-gouvernementale pendant la dictature au Surinam. De septembre 2002 à mai 2003, son poste gouvernemental fut occupé par un physiothérapeute et acupuncteur d'origine chinoise, Khee Liang Phoa (LPF), qui n'occupait précédemment aucun poste électif, et qui s'est installé après sa brève carrière politique à... Pékin où, après avoir étudié le chinois de 2004 à 2005 il travaille dans une agence de fret.

La ministre sortante de la politique des étrangers et de l'intégration, Rita Verdonk, n'était membre du parti libéral VVD que depuis un an quand elle fut nommée à son poste en mai 2003. Avant cela, cette docteur en sociologie et en criminologie qui avait milité à l'extrême-gauche ( Parti socialiste pacifiste) pendant ses études, avait occupé pendant quatre ans des postes de cadre supérieure dans le privé, mais elle a passé la plus importante partie de sa carrière, de 1983 à 1999, à diverses hautes fonctions au sein du ministère de la Justice, notamment comme directrice de prison de 1983 à 1992 et comme directrice de la Sûreté de l'Etat (DST) de 1996 à 1999. Elle a marqué d'une empreinte très dure son passage au gouvernement, incarnant une ligne politique de fermeture des frontières à toute immigration, fixant par exemple des exigences plus élevées pour le regroupement familial, qui est souvent synonyme de marches arrières permanentes de l'intégration sociale et économique, mais aussi prônant fanatiquement l'expulsion des candidats réfugiés homosexuels ou convertis au christianisme vers l'Iran, considéré comme "sûr" pour ces personnes !

Portretfoto Ahmed Aboutaleb, Claudia Dohm Ahmed Aboutaleb, photo: Claudia Dohm (libre de droits pour usage non-commercial avec mention de la source)

Le futur ministre travailliste du logement et de l'intégration, Ahmed Aboutaleb, est né en 1961 à Beni Sidel, un village de la région du Rif au Maroc, et n'a immigré aux Pays-Bas avec sa mère et ses frères qu'en 1976. Après des études d' ingénieur industriel en télécommunications, il a travaillé comme reporter pour des radios privée (Veronica) et publique (NOS), puis pour le journal télévisé de RTL-Nederland, et enfin comme personne de contact pour la presse auprès du ministère de l'aide sociale, de la santé et de la culture.

En 1998, il devient directeur de Forum (Institut pour le développement multiculturel), l'organisation qui succède au Centre néerlandais des étrangers, et par la suite il travaille comme haut fonctionnaire de la municipalité d'Amsterdam, au poste de directeur du développement sociétal, économique et culturel. Alors qu'il ne s'était jamais présenté aux élections, bien que membre du PvdA, il devient à mi-mandat, en janvier 2004, échevin (adjoint au maire) travailliste en charge de l'enseignement, de la jeunesse, du travail, des revenus et de la politique des grandes villes d' Amsterdam, une commune de plus de 740.000 habitants dont 34,2% d' allochtones non européens (pour une moyenne néerlandaise de 10,4%).

Il s'est particulièrement distingué comme la personnalité politique néerlandaise d'origine marocaine la plus médiatique mais aussi la plus active sur le terrain, que ce soit pour apaiser les esprits et favoriser le rapprochement intercommunautaire après l'assassinat de Theo Van Gogh en novembre 2002, ou plus concrètement en imposant une politique de " carte scolaire" (Postcodebeleid) à la française pour obliger les parents à mettre leurs enfants dans l'école de leur quartier.

Lors de sa première candidature à une élection, aux municipales de mars 2006, il a obtenu 46.217 voix depuis la deuxième place de la liste travailliste, devançant ainsi la tête de liste Lodewijk Asscher qui n'a recueilli "que" 35.224 voix. Il a conservé son échevinat au sein de la nouvelle majorité municipale travailliste- verte. Contrairement à ce qui se serait passé en Belgique par exemple, où le cumul entre fonctions exécutives locales et mandat parlementaire est très courant, l'importance du poste municipal d'Ahmed Aboutaleb l'a empêché d'être candidat aux législatives de novembre 2006, mais par contre son bilan municipal très positif va donc selon toute probabilité le propulser au sein du gouvernement.

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N.B. les liens vers les articles de wikipedia en français, anglais ou néerlandais sont purement indicatifs, ils sont dirigés vers les versions de ces articles au moment où je les ai consultés ("permalink"); ces articles ne constituent en aucune façon des sources suffisamment fiables et complètes en tant que tels, ils doivent nécessairement être confrontés à d'autres sources afin d'obtenir des informations tendant vers plus de fiabilité et d'exhaustivité; le présent article ne constitue qu'une brève contribution introductive et informative en prévision d'un événement politique imminent

lundi, février 05, 2007

L'affaire de Saint-Nicolas


source de l'image: site http://www.sintniklaaskleurt.be/ (Saint-Nicolas se colorie, campagne commune de Wouter Van Bellingen et Ali Salhi pour les élections communales 2006)

source: Revue de la presse flamande du jeudi 1er février 2007 (Ambassade de France à Bruxelles)

DE MORGEN - Walter Pauli - Comment deviner que Wouter Van Bellingen, échevin de l’état civil à Saint-Nicolas, est noir ? Actif au sein de Spirit, il soutient le nationalisme flamand et pourtant, il était à peine installé dans sa fonction qu’un couple a fait savoir qu’il ne souhaitait pas être uni par lui. Van Bellingen a des racines sud-africaines, d’où son nom, mais le couple n’aime pas sa couleur de peau. Heureusement, le collège des Bourgmestre et échevins tient bon : les mariages passent par lui et le couple qui ne le veut pas n’a qu’à déménager ! C’est donc un cas de racisme évident mais il n’est pas isolé. Le Ministre de l’Intérieur Patrick Dewael a déjà dénoncé un tel racisme primaire dans les stades de football, mais la Ligue ne semble pas vouloir y remédier. Mais quelques kilomètres plus loin que Saint-Nicolas, la "Flandre profonde" applaudit depuis cinq ans l’équipe la plus africaine de l’Europe occidentale. Il n’empêche qu’un petit pourcentage se permet, sans aucune gêne, des attitudes racistes à l’égard desquelles aucune tolérance n’est de mise. On devrait les clouer au pilori. (Page 2)

source: Revue de la presse flamande du vendredi 2 février 2007 (Ambassade de France à Bruxelles)

DE STANDAARD - Guy Tegenbos - Dans les villes et villages flamands, on n’est pas encore habitué à ce qu’un échevin de couleur procède à des mariages. 90% des visiteurs du site internet du Standaard ont pourtant déclaré qu’ils ne voyaient aucun inconvénient à ce qu’un échevin responsable des mariages ne soit pas blanc. Mais une minorité de Flamands y voient encore problème. Est-ce du racisme ? La peur de l’étranger ? L’incompréhension du changement de la société ? Quoi qu’il en soit, c’est inacceptable et le monde politique doit réagir mais aussi les familles, les écoles, les églises, les associations et tous les réseaux. On peut s’étonner du manque de réaction de la société civile à Saint-Nicolas. (Page 20)

HET LAATSTE NIEUWS - Luc Van der Kelen - Ils sont déjà trois couples à avoir refusé, à Saint-Nicolas, le mariage par un échevin de l’état civil noir. Mais ce n’est pas le seul domaine où le racisme s’exprime. On voit aussi dans les hôpitaux des patients refuser d’être soignés par des allochtones. Freddy Willockx, bourgmestre de Saint-Nicolas était étonné ? Alors qu’il sait pertinemment bien que 25% des électeurs de cette ville ont voté pour l’extrême droite ! Il est vrai que le vote et la vie de tous les jours ne vont pas toujours dans la même direction. En plus, de tout temps, n’a-t-on pas vu des parents craindre que leur enfant n’épouse "un nègre" ? Mais maintenant que les allochtones accèdent à des situations comme échevins, députés et bientôt bourgmestres, on est confronté à cette évidence quotidiennement. Faut-il punir ceux qui expriment leur racisme ? C’est dans l’esprit des gens que le problème se situe, ce n’est pas une amende qui les fera changer d’avis. Il faut plutôt éduquer. (Page 2)

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=329678

La Libre Belgique Mis en ligne le 02/02/2007

Racisme

Trois couples refusent l'échevin noir de l'Etat-civil

aussi scandaleux qu'imbécile : trois couples de Saint-Nicolas Waes ont refusé d'être unis par le nouvel échevin de l'Etat-civil, Wouter Van Bellingen (Spirit) parce que celui-ci est noir ! Le bourgmestre Freddy Willockx (SP.A) a annoncé que son collège ne céderait en aucune manière face à leur refus : "soit, ils ne se marient pas, soit encore, ils déménagent; soit, enfin, ils reviennent sur leur refus". En attendant Wouter Van Bellinghen a déjà reçu des centaines de messages de soutien de Belgique comme de l'étranger. Et il s'efforcera de garder son calme d'autant plus que les manifestations racistes à son encontre sont tristement quotidiennes. Une précision encore : à Saint-Nicolas, un électeur sur 4 a voté pour le Vlaams Belang...



http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2007/02/01/article_ils_voyaient_leur_mariage_en_tre_blanc_s.shtml

Ils ne veulent pas d'un échevin de couleur

Rédaction en ligne

Au moins trois couples ont déjà refusé de se marier en raison de la couleur de peau de l'échevin noir de Saint-Nicolas. Ce dernier a déjà reçu des centaines de témoignages de soutien en provenance de la Belgique et de l'étranger.

L'information selon laquelle quelques couples ne souhaitent pas qu'il scelle leur union en raison de ses origines africaines a fait réagir bon nombre de concitoyens. "Je suis ému par les nombreuses marques de sympathie", a déclaré l'échevin Van Bellingen. "Depuis ce matin, j'ai reçu des centaines de mails, même d'Allemagne et de France. Des fleurs et des cartes me sont également parvenues. Ma mère et ma femme ont également reçu des témoignages de soutien", a-t-il ajouté.

L'échevin se dit surpris par l'ampleur que prend cette affaire qu'il qualifie de regrettable. Il a encore précisé ne pas être vraiment surpris par la réaction de certains couples sur le point de se marier. "En tant que personne de couleur, j'assiste à ce genre de comportement tous les jours. C'est la réalité en Flandre", a-t-il conclu.

Falk AdSolution

*

Belga

Au moins trois couples ont déjà refusé de se marier à Saint-Nicolas en raison de la couleur de peau de l'échevin de l'Etat civil. C'est ce qu'a indiqué le bourgmestre Freddy Willockx (sp.a). Avant janvier, on savait déjà que Wouter Van Bellingen (Spirit) allait devenir échevin mais il n'était pas encore entré en fonction. M. Van Bellingen est le premier échevin noir de Flandre.

Deux couples qui avaient fixé une date pour le mariage des mois à l'avance auprès d'un fonctionnaire communal ont fait rayer leurs noms de la liste. Le père d'un membre d'un troisième couple a lui-même fait annuler le mariage, parce que la belle-famille, selon lui, ne souhaitait pas que la cérémonie soit célébrée par un échevin noir.

Le bourgmestre Willockx dit être fortement choqué et souligne que l'échevin Van Bellingen est parfaitement intégré

(D'après Belga)


http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=680613

Date: 02/02/2007
Section: INFORMATIONS GENERALES
Sous Section: BELGIQUE
L'échevin est noir : ils refusent de se marier ! Nouvelle Recherche

Selon le Centre pour l'égalité des chances, cette affaire n'est pas un cas isolé

SAINT-NICOLAS Un couple a refusé de se marier à Saint-Nicolas en raison de la couleur de peau de Wouter Van Bellingen, l'échevin de l'État civil qui devait conclure leur union.

Wouter Van Bellingen est le premier échevin noir de Flandre. Avant son installation officielle en tant qu'échevin, un couple s'était déjà présenté à la commune, couple qui refusait que leur union soit officialisée par un échevin noir. Le bourgmestre Freddy Willockx (SP.A) a refusé d'accéder à leur demande et en a été fortement choqué. "C'est un vrai exemple de racisme fondamental. Si cela se produit à nouveau, les personnes pourront avoir une discussion avec l'échevin seul ou le bourgmestre et l'échevin. Mais nous ne reculerons pas d'un millimètre."

"Si des personnes me refusent comme échevin de l'État civil pour leur mariage, il y a trois options : soit elles ne se marient pas, soit elles déménagent, soit elles m'acceptent comme échevin", a pour sa part indiqué Wouter Van Bellingen.

De son côté, le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) soutient l'échevin Wouter Van Bellingen (Spirit) et le bourgmestre de Saint-Nicolas. "C'est inadmissible que l'on pense avoir droit à un autre échevin uniquement en raison de la couleur de sa peau. On ne peut bien sûr pas obliger les gens à se marier, mais je soutiens la commune qui maintient sa fidélité à l'échevin", a indiqué Jozef De Witte, directeur du CECLR.

Selon le Centre, l'affaire autour de cet échevin de Saint-Nicolas n'est pas un cas isolé. Il a déjà auparavant reçu des plaintes à propos de patients qui, à l'hôpital, refusent de se faire soigner par une infirmière d'origine étrangère ou encore des plaintes à propos d'habitués de café ne souhaitant pas être servis par des personnes de couleur, a fait savoir M. De Witte.

Le CECLR soutient Wouter Van Bellingen, le premier échevin noir de Flandre. (belga)


http://www.7sur7.be/hlns/cache/fr/det/art_366854.html?wt.bron=hlnRPArtikels

01/02/07 15h25

Le CECLR soutient l'échevin Van Bellingen

L'échevin Wouter Van Bellingen.
Le Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR) soutient l'échevin Wouter Van Bellingen (Spirit) et le bourgmestre de Saint-Nicolas.

Un couple a refusé de se marier dans la commune en raison de la couleur de peau de cet échevin de l'Etat civil. "C'est inadmissible que l'on pense avoir droit à un autre échevin uniquement en raison de la couleur de sa peau. On ne peut bien sûr pas obliger les gens à se marier, mais je soutiens la commune qui maintient sa fidélité à l'échevin", a indiqué Jozef De Witte, directeur du CECLR.

M. De Witte déplore que des couples refusent de se marier sur base de la couleur de peau d'un échevin. "Où allons-nous si demain nous refusons l'achat d'une carte car l'employé de la gare se trouve en chaise roulante? ", s'interroge M. De Witte.

Selon le CECLR, l'affaire autour de cet échevin de Saint-Nicolas n'est pas un cas isolé. Le Centre a déjà auparavant reçu des plaintes à propos de patients qui, à l'hôpital, refusent de se faire soigner par une infirmière d'origine étrangère ou encore des plaintes à propos d'habitués de café ne souhaitant pas être servis par des personnes de couleur", a fait savoir M. De Witte.


http://www.euronews.net/create_html.php?page=detail_info&article=404278&lng=2

01/02
19:26 CET

Belgique
Polémique sur un cas de "racisme fondamental" en Belgique

En Belgique, un couple refuse de se marier car l'adjoint au maire qui doit célébrer la cérémonie est noir. C'est à Saint Nicolas, et Wouter Vam Belligen est le premier homme de couleur à avoir été élu échevin, adjoint au maire, en Flandre après les élections d'octobre.

Il a déclaré que le couple pouvait soit l'accepter comme échevin, soit ne pas se marier, soit déménager. "J'ai reçu beaucoup d'appels téléphoniques et d'e-mails de soutien, explique Vam Belligen, cela m'encourage à continuer mon travail". Le couple en fait avait commencé les démarches administratives mais en découvrant qui allait les marier, il a expliqué au maire qu'ils ne souhaitaient pas l'être par un noir... Un vrai exemple de racisme fondamental, selon le bourgmestre lui-même.

jeudi, février 01, 2007

Jean Demannez et Emir Kir à propos de l'Aïd Al Adha



Lors du conseil communal de Saint-Josse le 31/01/2007, la conseillère communale Ecolo (opposition) Zohra Azmani Matar a interpellé le collège à propos de l'organisation de la Fête du sacrifice. L'échevine des cultes Bea Meulemans (SP.A), puis le bourgmestre Demannez (PS) et le conseiller Emir Kir (PS), par ailleurs secrétaire d'Etat régional, lui ont longuement répondu. La vidéo est coupée parce que la carte mémoire a été saturée à un moment (elle fait plus de 7 minutes). A noter qu'aucun journaliste n'était présent à cette séance, après ça on se demande pourquoi la démocratie locale est dévalorisée aux yeux de la population. Les rédactions des médias bruxellois font preuve d'un manque de sérieux caractérisé à ce sujet, hélas.

Autre débat intéressant de cette soirée, entre Geoffroy Clerckx, chef du groupe MR (opposition) et ancien échevin, et le bourgmestre Demannez à propos du méli-mélo autour des salles des Pyramides et Damla (voir pour les rétroactes le blog Saint-Josse News). Ecoutez l'intégralité de ce débat:

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dimanche, janvier 28, 2007

A propos de la libération de Mohamed Boulif

Réflexions shaïtanesques

La libération de Mohamed Boulif a été une nouvelle soulageante pour moi, mais elle n'effacera pas l'arrestation et la détention arbitraires pendant neuf jours: ma confiance en l'état de droit belge en a pris un coup, même si je n'étais pas un naïf avant ça.

Désormais, je me dis qu'un jour un juge pourrait bien débarquer chez moi avec une escouade de policiers, fouiller mon appartement de fond en comble, prendre des caisses de documents (ils auront besoin d'un camion) et mon disque dur, et me mettre à l'ombre pendant autant de temps qu'ils en ont envie, simplement parce que l'une ou l'autre crapule qui n'apprécie pas ma personne ou ce que j'écris, ou les deux (et il n'en manque pas), et qui bénéficie d'une oreille complaisante auprès de la Ministre de la "Justice" m'aura accusé de n'importe quel délit ou crime de son imagination, preuves fabriquées à l'appui.

Je le disais encore ce soir dans une interview à un blogueur, après ce qui s'est passé je comprendrai facilement que certains militants considèrent qu'ils peuvent s'affranchir du cadre légal belge dans leur action politique dès lors qu'un dissident, un rebelle qui a affronté le pouvoir en place en respectant les règles, est devenu un prisonnier politique sous couvert de droit commun, sur base de fausses accusations et d'une ingérence politique dans la procédure judiciaire.

Je ne suis pas sûr que tout le monde mesure bien la gravité de ce qui s'est passé, c'est d'une nature beaucoup plus inquiétante et importante que la condamnation et la détention de Bahar Kimyongür par exemple, qui a pourtant suscité bien plus de réactions militantes alors que ce dernier a bien mérité une sanction pénale pour avoir été actif dans une organisation terroriste, même si le rôle effectif qu'il y a joué ne méritait certainement pas une sanction aussi lourde, une peine légère avec sursis aurait dû suffire.

En fin de compte, quand un brave homme honnête, respectueux de la loi, pacifique et non-violent, qui a toujours payé de sa personne sans regarder à la dépense, se retrouve 9 longs jours derrière les barreaux, on se dit que s'il avait été casser la gueule de Kissi ou de Guenned dans la ruelle derrière la place Rouppe il aurait été moins sanctionné par la justice...

Pierre-Yves LAMBERT

lundi, janvier 22, 2007

Soutien moral à l'égard de Mohamed Boulif, en détention préventive

A titre personnel, je souscris pleinement à ce texte de soutien moral à l'égard de Mohamed Boulif.

J'ai rencontré pour la première fois "Boulif" alors que nous étions étudiants à Louvain-la-Neuve, c'était il y a plus de vingt ans, en 1983, lui terminait son mémoire en sciences économiques sur le système de prêts sans intérêts, j'étais un jeune étudiant de 18 ans. Déjà à l'époque, ce brillant économiste s'investissait dans l'associatif social musulman (école de devoir e.a.) à titre bénévole.

Je l'ai recroisé ces dernières années, lors de sa présidence de l'Assemblée générale des musulmans de Belgique à partir de 1998, puis à l'Exécutif. Il se dépensait beaucoup pour faire progresser les dossiers de l'islam institutionnalisé à la belge, mais devait faire face à la calomnie de la part tant de certains fonctionnaires que de journalistes, qui le décrivaient comme un "frère musulman", un "islamiste internationaliste.

En 2003, il a failli figurer en place éligible sur la liste CDH au Sénat, mais une journaliste (j'ignore son identité, il y a au moins deux suspectes) avait persuadé Joëlle Milquet qu'il y avait un dossier volumineux contre lui à la Sûreté, et que la banque séoudienne pour laquelle il travaillait au Luxembourg avait fourni des fonds à Al Qaida (voir http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/message/1573 )

Je lui ai téléphoné fin décembre pour lui témoigner mon soutien suite aux perquisitions qui avaient été menées à son domicile en son absence, et je l'ai pressé d'accorder une interview à Mehmet Koksal pour que sa version des faits soit connue, il accepté et l'article a été publié: http://allochtone.blogspot.com/2006/12/emb-les-manoeuvres-et-les-perquisitions.html

Ce que je connais du dossier, c'est ce qui en a été publié depuis deux ans dans la presse généraliste, mais aussi le résultat des investigations de Mehmet Koksal ( http://allochtone.blogspot.com/ ) qui, à juste titre, a dénoncé les manipulations de certains "journalistes" comme l'infâme Planchar de La Libre Belgique, mais aussi tous les autres qui ont par exemple annoncé le versement de l'Exécutif en faveur du terroriste Trabelsi sans démentir par la suite alors que le porte-parole de La Poste avait déclaré au Morgen qu'en-dessous de 1.000 euro on pouvait même indiquer "Gaston Lagaffe" ou "Laurette O" comme débiteur puisqu'aucun contrôle n'est exigé aux guichets !

Et pour ce que j'en ai lu, après avoir entendu et lu la version de Mohamed Boulif, je lui garde toute mon estime et ma confiance, et je ferai parvenir à son avocat un témoignage de moralité. Une journaliste qui n'a pourtant pas toujours été tendre vis-à-vis de lui me disait encore cette semaine que toutes les personnes qu'elle a interrogées suite à son arrestation étaient unanimes pour le décrire comme un homme honnête et désintéressé dans son engagement en faveur de la communauté musulmane de Belgique.

Pour moi, les responsables de cet acharnement judiciaire contre Boulif sont clairement la ministre PS de la Justice Laurette Onkelinx, son ex-mari Abbès Guenned, conseiller en matière de culte au sein de son cabinet, le député CD&V et ex-ministre de la Justice Tony Van Parys et Benjelloun Kissi, vice-président marocain francophone de l'actuel Exécutif des musulmans de Belgique.

Mais il y a aussi des responsables par omission, je suis en effet persuadé que des employés et des membres de l'ancien et de l'actuel exécutifs détiennent des informations mais attendent d'être forcés par la justice de les communiquer, de peur de perdre leur emploi ou de subir des représailles. Si l'un d'entre eux a quelque chose à dire, qu'il aille voir le juge d'instruction Claise, a priori un homme honnête: un autre homme honnête dort depuis plusieurs nuits en prison, c'est aussi parce que certains n'osent pas parler, ils sont donc responsables au même titre que les quatre crapules précitées.


Pierre-Yves Lambert

---------- Forwarded message ----------


Soutien moral à l'égard de Mohamed Boulif
Ancien Président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique.

Honnête et dévoué, ce sont les qualificatifs qui définieraient le mieux Mohamed Boulif. Honnête, dans ses relations professionnelles et personnelles, dévoué dans son engagement vis-à-vis des siens, de ses proches et surtout vis-à-vis des citoyens de confession musulmane. Le dévouement d'une vie, qui lui coûte des jours, voire des nuits, au dépend très souvent, trop souvent, de son bien-être personnel. Et qui lui coûte aujourd'hui sa liberté. Pour l'avoir côtoyé chacun à notre manière, c'est dire l'effroi et la tristesse que nous ressentons lorsque nous apprenons son inculpation, pour "abus de confiance", nous dit la presse. Abus de gentillesse, de disponibilité, de volonté d'élever le débat et jusqu'alors d'une institution qui cherche encore ses marques, voilà ses véritables torts.

Par cette arrestation, c'est la dignité de l'ensemble de la communauté musulmane de Belgique qui est touchée, comme à chaque événement qui vient encore noircir le tableau de son image. Nous sommes tous concernés, en tant que citoyen, en tant que musulman ou autre, en tant qu'être humain. C'est avec fermeté et confiance que nous prenons position pour son innocence, et avec ferveur et foi en l'avenir et en Dieu que nous prions, chacun à notre manière, pour que justice soit faite, pour que l'acharnement dont cette jeune institution est victime s'arrête enfin et surtout pour que la dignité de l'ensemble des citoyens de confession musulmane de Belgique soit rétablie.

Pour soutenir Monsieur Boulif : soutienboulif@hotmail.com

Pour lire le témoignage de Madame Boulif, cliquez ici : http://www.wafin.be/interview/Boulifnoufissa.phtml

Signataires :

  • CEREI - Cercle d'Etudes et de Recherches en Economie Islamique
  • Pièces à Conviction
  • Cercle de Formation et de Recherches - CFR
  • Dar El Ward vzw
  • Le Jardin Ensoleillé
  • Orient & Vous
  • Koolchi.com
  • Renaissance asbl
  • Femmes Musulmanes de Belgique

Bruxelles 23/01 - manifestation à la mémoire de Hrant Kink

HRANT DINK

Manifestation

Mardi 23 janvier 2007
à 13h00

devant l'Ambassade de Turquie
4 Rue Montoyer
1040 BRUXELLES

Cette manifestation est soutenue par :

Le Comité de Défense de la Cause Arménienne
La Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie
L’Association des Arméniens Démocrates de Belgique
L’Institut Kurde de Bruxelles
La Fondation Info-Türk
Les Associations des Assyriens de Belgique
L'Association des Jeunes Arméniens de Belgique

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Communiqué du Collectif 1971 sur l'assassinat de Hrant Dink

lundi, janvier 08, 2007

Les "minorités ethniques" et les élections en Belgique

Un étudiant m'a envoyé une série de questions auxquelles j'ai répondu hier. Je n'ai pas répondu à toutes, vu leur nombre impressionnant, mais il me semble intéressant de les soumettre aux lecteurs de ce blog, qui auront probablement des commentaires intéressants à apporter.

- Comment définiriez-vous les « minorités ethniques » dans notre contexte Belge ?

Je ne suis pas sûr que le terme "minorités ethniques" corresponde bien à la situation des allochtones en Belgique. Pour le moment, je travaille plutôt sur des questions de représentation de minorités nationales (Turcs de Bulgarie, Hongrois de Roumanie), mais les Turcs d'Allemagne ou les Marocains de la Région bruxelloise ne forment pas vraiment une minorité en tant que telle. Ces questions de désignation sont complexes.

- Comment sont-elles organisées socialement et politiquement ?


Elles ne sont pas organisées en tant que telles, sauf exception: Arméniens et Grecs, et dans une certaine mesure Juifs. C'est-à-dire que la Fédération des Communautés helléniques de Belgique et le Comité des Arméniens de Belgique regroupent chacun tous les partis du pays d'origine ou de la diaspora, ainsi que toutes, ou presque, les associations régionales ou autres. Il y a le CCOJB pour les Juifs francophones et le Forum pour les Juifs néerlandophones, mais dans les deux cas il reste des organisations importantes en-dehors. Il n'y a aucun équivalent pour les Turcs ou les Marocains.

- Quelles sortes d'actions posent-elles politiquement ?

voir supra

- Quelles seraient – d'après vous – les grandes étapes par lesquelles sont passés les minorités ethniques pour la représentation ?

Elles n'ont pas eu d'action en tant que telles, ce sont les individus qui se sont portés candidats, spontanément ou sur sollicitation des partis.

- La question principale : Pourquoi certaines minorités ethniques sont-elles plus représentées que d'autres ?

Il y a plus d'individus de telle ou telle origine qui détiennent des mandats politiques, ce ne sont pas des collectivités qui sont représentées.

- Le fait d'être plus nombreux joue-t-il sur le point de la représentation ?

voir supra

- Comment expliquer le peu d'intérêt porté par les allochtones pour les CCCI (conseils consultatifs communaux des immigrés) apparus à la fin des années soixante ?

Il faut voir quel était le statut de séjour des étrangers à l'époque, on pouvait leur enlever leur carte de séjour assez facilement. Par ailleurs, la Sûreté de l'Etat les surveillait, ainsi que les services secrets de leurs pays d'origine, et dans de nombreux cas ils n'étaient pas démocratiques, Espagne franquiste, Portugal salazariste, Grèce des Colonels, Turquie des généraux, Maroc de Hassan II. Et les partis ne s'intéressaient pas encore à eux, ils ne l'ont fait qu'à partir de la fin des années 1990, quand ils ont représenté un enjeu électoral.

- Pourquoi les non européens (turcs, marocains) s'engagent-ils plus que les européens (français, espagnols, italiens) en général ?

Je ne peux parler que de Bruxelles, que je connais mieux. Il n'y a quasiment plus, à ma connaissance, de "travailleurs immigrés" dans les sections des partis des pays d'origine, ils ont été remplacés par des "eurocrates" et autres expatriés tournant autour des institutions européennes. c'était déjà le cas à la section du PS français quand j'en était membre en 1984, mais au PSOE espagnol et au PDS italien ça a suivi dans les années 1990. Il y a aussi des cadres politiques des partis et organisations d'Européens qui étaient actifs dans les années 1960-1980, et qui tout simplement sont morts, retournés au pays ou ont pris leur retraite, et il n'y a pas eu de relève. A ma connaissance, il n'y a pas tant que ça de Marocains et de Turcs dans les organisations politiques, il y a un certain nombre de candidats, c'est visible, mais au total ça ne concerne pas des centaines de personnes non plus.

- On observe que proportionnellement les allochtones votent peu, comment expliqueriez-vous cela ?

Je n'ai pas connaissance de telles observations, il y a juste des chiffres pour l'inscription des résidents étrangers sur les listes électorales, mais pas sur les belges allochtones. Une des hypothèses est d'ailleurs que ceux qui étaient vraiment mordus par la politique ont pris la nationalité belge.

- Pourquoi y a-t-il plus de Marocains que de Turcs élus ? Est-ce une situation spécifique à Bruxelles ou non ?

Les Turcs sont surtout regroupés à Schaerbeek et à Saint-Josse, et dans une moindre mesure à Laeken (qui fait partie de Bruxelles-Ville) et à Anderlecht. Les Marocains sont présents dans plus de communes, y compris dans la périphérie (Brabant flamand), ça leur donne donc la possibilité d'avoir un ou plusieurs élus dans quasiment toutes les communes, notamment parce que des électeurs de même origine votent pour eux.

- Pensez-vous que les candidats aux élections d'origine étrangère ont-ils une façon de faire compagne spécifique ?

Oui, même s'ils prétendent le contraire quand des journalistes ou des chercheurs leur posent la question.

- Gardent-ils en général des liens avec 'leur communauté' ?

Pas toujours autant qu'on pourrait le croire, c'est surtout en période électorale. Mais chaque élu a sa spécificité.

- Pensez-vous que les tensions à l'intérieur du parti avec les autres élus sont fréquentes ?

Je n'en ai pas l'impression, il y a notamment un phénomène de double discours et de double attitude motivé par le contrôle social de part et d'autre. Avec des camarades du PS, ou parfois en privé, certains vont boire ostensiblement une bière ou un verre de vin pour "prouver" qu'ils sont "bien intégrés", et dans des fêtes où il y a d'autres Marocains, ils vont faire attention à ne boire que des boissons non alcoolisées ou boire du vin dans une tasse pour "camoufler". Idem pour certains des élus turcs. Parallèlement, le discours n'est pas toujours identique avec tel ou tel interlocuteur sur des sujets comme l'euthanasie, le mariage ouvert aux couples gays etc. Mais, au PS surtout, il y a des intérêts financiers (mandats rémunéré, emplois) tels que les élus allochtones tentés de "ruer dans les brancards" restent calmes. Il y a d'ailleurs des exemples pour montrer ce qui arrive aux méchants: soit ils ne reçoivent pas de boulot, soit on ne les reprend plus sur la liste, ou si on les reprend on ne leur donne rien après les élections. Mais ça arrive rarement.

- Les élus d'origine étrangère sont-ils présents dans un parti plus que dans un autre ? Et si oui, pourquoi ?

Le PS est dominant côté francophone, il a donc plus de mandats électifs et dérivés, il a aussi plus de membres que les autres partis. Ceci explique cela.

Les parlementaires fédéraux belges d'origine non-européenne

Au début d'une année électorale, il n'est pas inutile de faire le point quant à la composition des assemblées fédérales belges.

Le premier député fédéral d'origine non-européenne fut Chokri MAHASSINE, socialiste flamand d'origine maroco-palestinienne, appelé à siéger en février 1999, deux mois avant la dissolution de la Chambre. Il fut suivi en 1999-2003 par Fauzaya TALHAOUI (Agalev) et par Dalila DOUIFI (SP, suppléante remplaçant un membre du gouvernement).

La première sénatrice fédérale d'origine non-européenne fut l'écologiste Marie NAGY (d'origine colombienne), élue directe en 1999, suivie par Meryem KACAR (Agalev), suppléante appelée à remplacr un membre du gouvernement en 1999-2003, Mohamed DAÏF (PS) et Chokri MAHASSINE (SP), sénateurs de communauté en 1999-2001, Sfia BOUARFA (PS), sénatrice de communauté en 2001-2003 et Fatma PEHLIVAN, sénatrice cooptée en 2001-2003.

La composition théorique des assemblées parlementaires fédérales à l'issue des élections législatives du 18 mai 2003 a subi de profondes modifications lors de la formation du gouvernement fédéral (les membres d'un gouvernement sont remplacés par un suppléant pendant la durée de leur charge ministérielle), mais aussi parce que certains candidats élus étaient déjà parlementaires régionaux ou européens. Par la suite, en 2004, certains parlementaires fédéraux ont été élus au niveau régional ou européen, ou sont entrés dans l'un ou l'autre gouvernement, ce qui a permis à des suppléants ou à de nouveaux députés régionaux et communautaires d'entrer au parlement fédéral.

La presse flamande a relevé à plusieurs reprises, de même que le président de la Chambre des députés, que la composition du parlement fédéral ne ressemblait plus beaucoup à celle voulue par les électeurs vu le nombre de suppléants initiaux (dont certains ont été titularisés suite à la démission d'un effectif) qui siègent actuellement. Le système parlementaire belge permet même à un député fédéral de devenir ministre régional, d'être remplacé à ce titre par un suppléant, et de revenir siéger au niveau fédéral s'il cesse d'être ministre (ce fut par exemple le cas de Daniel DUCARME).

L'interdiction de cumul entre un mandat fédéral et régional assure toutefois une plus grande distribution des mandats qu'en France, où il est possible d'être à la fois président ou vice-président de conseil régional (postes exécutifs) et député ou sénateur, comme c'est le cas pour Jack LANG et Julien DRAY par exemple, sans compter les cumuls parlementaire-conseiller régional.

Pierre-Yves LAMBERT

Chambre des députés (sur 150 membres)

Talbia BELHOUARI (PS, circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde, d'origine marocaine, appelée à siéger en tant que suppléante le 01/07/2004 suite à la nomination de Charles Picqué comme ministre-président de la Région de Bruxelles-capitale)

Mohammed BOUKOURNA (PS, circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde, d'origine marocaine, élu le 18/05/2003)

Cemal CAVDARLI (SP.A, circonscription de Flandre orientale, d'origine turque, appelé à siéger en tant que suppléant le 14/07/2003 en remplacement de la ministre fédérale Freya Ven Den Bossche; titularisé le 15/09/2004 suite à la démission d'un député effectif)

Dalila DOUIFI (SP.A, circonscription de Flandre occidentale, d'origine algéro-flamande, élue le 18/05/2003; suppléante appelée à remplacer un membre du gouvernement du 14/07/1999 au 18/05/2003)

David GEERTS ( SP.A, circonscription d'Anvers, d'origine indienne, suppléant appelé à siéger le 08/07/2004 suite à la démission de Patrick Janssens, bourgmestre d'Anvers)

Nahima LANJRI (CD&V, circonscription d'Anvers, d'origine marocaine, élue le 18/05/2003)

Marie NAGY (Ecolo, circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde, d'origine colombienne, élue le 18/05/2003; sénatrice en 1999-2003; députée régionale bruxelloise de 1989 à 1999)


Sénat (sur 71 membres - sans compter les 3 sénateurs membres de la famille royale)

élus directs (sur 40)

Mimount BOUSAKLA (SP.A, d'origine marocaine, élue le 18/05/2003)

Fatma PEHLIVAN (SP.A, d'origine turque, élue le 18/05/2003; sénatrice cooptée de 2001 à 2003)

Jihane ANNANE (MR, d'origine marocaine, appelée à siéger le 12/10/2004 en remplacement de Louis MICHEL, devenu commissaire européen)

désignés parmi les députés communautaires (sur 21)

Sfia BOUARFA (PS, d'origine marocaine, désignée le 12/06/2003; déjà désignée en 2001-2003, en remplacement de Mohamed DAÏF)

Amina DERBAKI SBAÏ (PS, d'origine marocaine, désignée par le MR le 12/06/2003, PS depuis janvier 2004)

Joëlle KAPOMPOLE (PS, d'origine congolo-rwandaise, désignée le 06/07/2004)


cooptés (sur 10)

Fauzaya TALHAOUI (Spirit, d'origine marocaine, cooptée le 08/07/2004; députée fédérale Agalev en 1999-2003)

Olga ZRIHEN (PS, d'origine marocaine, cooptée le 20/07/2004; eurodéputée en 2001-2004)

mardi, décembre 19, 2006

jeudi 21/12 18h00 "La Fête du Sacrifice ou Le sacrifice de la fête?"

[ndPYL L'affiche contient quelques grosses fautes: "le Ministre d'Etat Emir Kir", "Mme l'échevin Tamimount", "Gaaia"]

-----Original Message-----
From: Aïcha Haddou [mailto: aichahaddou@hotmail.com]
Sent: 17 December 2006 23:29
Subject: Projection-débat ce jeudi 21 : La Fête du Sacrifice ou Le sacrifice de la fête?



Pièces à Conviction et Dar El Ward ont le plaisir de vous convier à une soirée débat autour de la "problématique" de la Fête du Sacrifice en Belgique avec le nouveau reportage de Pièces à Conviction intitulé "La Fête du Sacrifice ou le sacrifice de la fête?"

Bien à vous,

PAC

lundi, décembre 18, 2006

Remous autour d'un "symposium ottomaniste" à l'ULB

rétroactes: 15 décembre 2006 : SYMPOSIUM : L´Union européenne en quête d´une identité multiculturelle : l´expérience ottomane !



COLLECTIF 1971
L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique
Les Associations des Assyriens de Belgique
L'Institut Kurde de Bruxelles
La Fondation Info-Türk

collectif1971@scarlet.be
Tél: 02-215 35 76 (Fr) - 02-230 89 30 (Néerlandais)




Mr. Philippe Vincke
Recteur de l'Université Libre de Bruxelles
ULB CP130
Avenue F.D. Roosevelt 50
1050 BRUXELLES


Monsieur le Recteur,

Nos quatre organisations issues de l’émigration politique en provenance de Turquie, sont fort choquées d'apprendre qu'à l’Université Libre de Bruxelles aura lieu le 15 décembre un symposium sur le thème "L’Union Européenne en quête d’identité multiculturelle : l’expérience ottomane!".

Ce symposium est organisé par l'Union Européenne des Turcs Démocrates d'Europe (UETD) qui n'est qu'une organisation lancée en 2004 par l’AKP, parti islamiste au pouvoir, afin d’encadrer la communauté turque en Europe selon sa ligne politique.

Avec le soutien accru du gouvernement turc, elle joue actuellement le rôle d’organisme principal de lobby turc. Ce rôle attribué à l'UETD a été confirmé par le Premier Ministre Erdogan lors d'une réunion tenue le 25 mai 2006 à Berlin.

D'ailleurs, cette organisation s'est distinguée lors de la crise de caricatures de Mahomet par la plainte qu'elle a portée en mars 2006 contre le journal allemand Die Welt.

Il n'est pas étonnant que parmi les orateurs affichés se trouvent le ministre turc d'Etat chargé des Affaires Religieuses, membre du parti islamiste au pouvoir ainsi qu'un historien français connu pour ses positions négationnistes calquées sur la position officielle turque vis-à-vis du génocide arménien.

Il faut rappeler que, à part une secrétaire d'Etat régionale, aucune personnalité politique ou académique belge n'a accepté l'invitation pour cette mascarade "politico scientifique".

Pourtant, à notre grand étonnement, l'Université Libre de Bruxelles, un des fiefs de la laïcité et de l'esprit critique qui a toujours défendu la cause juste des peuples opprimés, permet à une organisation parastatale de faire la propagande de la négation du génocide des Arméniens et Assyriens en présentant l'expérience ottomane comme une identité à imposer à l'Union Européenne en quête d'identité multiculturelle.

En tant qu'organisations défenderesses des droits de l'Homme et des peuples, nous vous demandons d'annuler l'autorisation pour ce simulacre de symposium au moins pour le respect de la mémoire des victimes du premier génocide du siècle commis pour l'Empire Ottoman et par solidarité avec les victimes de la répression du régime d’Ankara qui souffrent actuellement dans les prisons turques.

Dans l'attente d'une suite digne d’une université libre, nous vous prisons d'agréer, Monsieur le Recteur, l'expression de nos sentiments très distingués.

Bruxelles, le 13 décembre 2006


Bogos Bogosian
L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique
aadb.asbl@hotmail.com


Nahro Beth-Kinne
Les Associations des Assyriens de Belgique
nahro.beth-kinne@scarlet.be

Derwich Ferho
L'Institut Kurde de Bruxelles
http://www.kurdishinstitute.be

Dogan Ozgüden
La Fondation Info-Türk
http://www.info-turk.be



Malaise ottoman à l'ULB

Ricardo GUTIERREZ - Philippe RENIER
Le Soir : édition du 15/12/2006 | page 14

Gros émoi à l'Université libre de Bruxelles (ULB). En cause : le symposium qui s'y tient, ce vendredi, à l'initiative de l'Union des démocrates turcs européens (UETD). Il y sera question de l'expérience ottomane en tant que modèle d'intégration multiculturelle pour l'Europe. . . Plusieurs associations d'Arméniens, Assyriens, Kurdes ainsi que des Turcs progressistes ont écrit au recteur, Philippe Vincke, choquées par cette manifestation, qui émane selon elles « d'une organisation lancée en 2004 par l'AKP, parti islamiste au pouvoir, pour encadrer la communauté turque en Europe ». L'ULB prend ses distances : « Le symposium ne correspond pas à ce qui nous avait été annoncé (. . . ). Nous avons toutes les raisons de ne pas accepter la tenue d'une telle manifestation, mais nous nous sommes finalement résolus à ne pas l'annuler. »

L'UETD revendique vingt mille adhérents en Allemagne, en Autriche et au Benelux. Son antenne belge, constituée en 2005, a notamment pour objet « la promotion des intérêts des Turcs et des Européens d'origine turque auprès des institutions publiques du royaume de Belgique et des autres Etats membres de l'Union européenne ». Son président Esref Yagcioglu conteste toute allégeance, dans le dernier numéro du mensuel Binfikir : « Nous sommes plus occupés avec le PS, le CDH et le parti libéral qu'avec l'AKP. Ceux qui désirent s'occuper avec l'AKP n'ont qu'à partir en Turquie. »

« Inacceptable »

Parmi les orateurs attendus, vendredi : le ministre turc des Affaires religieuses Mehmet Aydin et l'historien Gilles Veinstein, connu pour avoir mis en doute l'existence du génocide des Arméniens. . . « Il est inacceptable que l'ULB héberge dans ses locaux une telle manifestation avec des participants nationalistes et négationnistes », réagit Hayik Malikian, du Comité de défense de la cause arménienne.

Militant laïc de culture musulmane, Chemsi Chéref-Khan se déclare interpellé par « le fait que la Turquie, candidate à l'adhésion, ne vient pas nous proposer un débat sur le modèle de laïcité de la république kémaliste, mais plutôt un modèle ottoman basé sur le principe de la dhimmitude, qui constitue un modèle dans lequel une religion dominante tolère des religions dominées, moyennant l'obligation pour ces dernières de s'acquitter de certaines charges. On aurait aimé que l'initiative turque mette en avant le principe républicain de l'égalité entre les cultes, plutôt que le principe d'inégalité tolérée du modèle ottoman de la dhimmitude ».

Mehmet Saygin, secrétaire général de l'UETD, pose le débat sur un autre plan. . . L'Europe n'est pas un club exclusivement judéo-chrétien, dit-il, appuyant « de façon périphérique » la candidature de la Turquie à l'Union.

L'UETD contribue, dit-il, à « positiver » le statut des Turcs présents dans les pays européens et l'image de leur religion, l'islam, « victime de préjugés ». « L'islam constitue inévitablement une part importante du concept de multiculturalité » sur lequel devrait être basée l'identité européenne, dit Mehmet Saygin. « Sinon, je serai un éternel immigré. »


Pas de remous au colloque turc


Le Soir 16/12/2006

L'ULB accueillait vendredi un symposium sur le thème « l'Union européenne en quête d'identité multiculturelle : l'expérience ottomane ». Un colloque controversé : il avait été dénoncé cette semaine tant par des associations arméniennes et assyriennes que par les autorités de l'ULB. On n'a cependant noté aucune manifestation devant l'ULB.

L'ULB avait publiquement pris distance avec ce symposium jeudi, après avoir appris que le sujet initial et la liste des orateurs du colloque avaient évolué.

« Nous ne l'avons pas annulé pour ne pas créer d'incident diplomatique avec la Turquie, parce qu'un ministre turc devait être présent, a déclaré jeudi Isabelle Pollet, la porte-parole de l'ULB à l'agence Belga. Mais nous ne cautionnons pas les propos qui pourraient y être tenus. » Vendredi, le symposium semble s'être déroulé dans le calme.

« Pas de rassemblement devant les locaux »

« Je n'ai eu vent d'aucun problème, a confirmé Elise Lennertz, l'assistante du recteur de l'ULB. Il n'y a pas eu de rassemblement devant les locaux où se tenait le symposium. »

Dans une lettre adressée au recteur de l'ULB, quatre associations de minorités turques s'étaient indignées de ce que « l'Université libre de Bruxelles permette à une organisation parastatale de faire la propagande de la négation du génocide des Arméniens et Assyriens ». (b)