Données, analyses, commentaires rédigés par Pierre-Yves Lambert, chercheur indépendant, en relation avec la participation politique des minorités, principalement en Belgique. Il est lié à la liste de diffusion et au site homonymes mais offre la possibilité de commenter les articles.
Vendredi 6 février 2009. - Ce matin avait lieu une séance du Conseil de la commission communautaire flamande de Bruxelles (VGC), l'instance parlementaire rassemblant les députés régionaux bruxellois néerlandophones.
A la fin de sa réponse à une question sur l'islamophobie posée par le député CD&V (démocrate-chrétien) Walter Vandenbossche, le président du Collège de la VGC et ministre régional bruxellois Guy Vanhengel (Open VLD, libéral) s'en est pris au député SP.A (socialiste) Fouad Ahidar qui portait autour du cou un keffieh palestinien.
Vanhengel : « Nous devons éviter qu'un certain nombre d'idées en rapport avec l'islam soient envoyées au monde. Monsieur Fouad Ahidar ne peut pas me tenir rigueur si j'estime qu'il n'est pas intelligent de porter des signes extérieurs de convictions qui sont associées par une bonne part de la population au terrorisme international. De tels signes ne contribuent pas à la réalisation d'une société harmonieuse. Une partie de la communauté peut en effet les vivre comme perturbante. »
Ahidar ayant demandé à Vanhengel de préciser le fond de sa pensée, celui-ci a répondu que « L'histoire considère Yasser Arafat comme un terroriste international. Si on veut s'identifier à des personnages comme Arafat ou Ché Guevara, on ne contribue pas à (créer) un climat serein si indispenable. ».
Quant à elle, Brigitte Grouwels (CD&V), également membre du Collège de la VGC et du gouvernement bruxellois, a cru bon de déclarer, dans sa réponse à Walter Vandenbossche et à Fouad Ahidar, que Fouad Ahidar est « probablement un des rares parlementaires musulmans qui exprimer ouvertement sa réprobation au sujet de choses qui se passent ici mais qui ne le devraient pas en fait. Nous devrions avoir plus de gens comme vous. ».
Le quotidien néerlandais De Telegraaf publie ce samedi [1] des interviews de Diane Keiser, secrétaire générale du Forum der Joodse Organisaties (FJO) l'organisation faîtière de la communauté juive de Flandre, d'Eli Ringer, membre de la direction du FJO, et de Hans Knoop, ancien journaliste juif néerlandais vivant en Belgique, et conseiller du FJO.
Outre les habituelles accusations des organisations pro-israéliennes amalgamant antisémitisme et critique ou hostilité à l'égard de l'État d'Israël, les responsables du FJO dénoncent le climat antisémite qui règne notamment à la télévision publique flamande VRT.
L'homologue francophone du FJO, le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) [2], a également dénoncé depuis plusieurs mois ces dérives : le 28 octobre 2008 était programmée sur la deuxième chaîne publique Canvas l'émission "Plat préféré" consacrée ce jour à la truite au beurre, plat préféré d'Adolf Hitler, elle est finalement déprogrammée suite aux protestations des organisations juives [3] quelques jours plus tard, l'émission satirique de la VRT "Man bijt hond" (Un homme mord un chien) revient sur cette déprogrammation en évoquant une « grosse pression sémite », se demandant pourquoi une telle émotion pour « une innocente cuisine au gaz » [4]
en novembre 2008 toujours, paraît dans l'hebdomadaire féminin Flair une campagne de publicité commune entre Canvas et le quotidien progressiste De Morgen pour l'émission « Weg met De Soete », qui se déroulera à Berlin, l'affiche représente un Adolf Hitler torse nu (dans le style d'une certaine iconographie gay ou d'un chippendale, selon les goûts) avec brassard nazi, sur fond de croix gammée [5] le 21 décembre 2008, la VRT remet le couvert dans une émission rétrospective de l'année avec quinze humoristes où dans son sketch intitulé « Arbeit macht frei » (la "devise" figurant à l'entre du camp d'extermination d'Auschwitz) le comédien Philippe Geubels s'exclame « Que vont-ils faire s'il y a une grosse fuite de gaz ici à Anvers ? Poursuivre la ville pour provocation ? », concluant, sous les rires des spectateurs présents, que « La plupart se sont installés en Amérique, donc les recevoir par train en Allemagne n'est plus possible non plus » [6]
Dans son interview au Telegraaf, Diane Keiser élargit le propos en déclarant que « Nous sommes le canari dans la mine de charbon », faisant allusion aux oiseaux qui étaient emmenés par les mineurs pour avertir de la présence d'une poche de gaz. Hans Knoop explicite cette réflexion en rappelant qu'« avec deux mille ans d'antisémitisme, nous avons un meilleur radar pour détecter la xénophobie ».
Pour rappel, selon une enquête sur l'islamophobie menée par l'Instituut voor Sociaal en Politiek Opinieonderzoek (Ispo) de la Katholieke Universeiteil Leuven (KUL) et rendue publique fin janvier, 46% des Flamands estiment que l'Islam ne contribue en rien à la culture européenne. 18% seulement pensent le contraire. 48% des Flamands croient que les valeurs de l'Islam sont une menace pour l'Europe et 37% croient que la plupart des musulmans n'ont pas de respect pour la culture et le mode de vie européens [7]
[2] Officiellement, seul le CCOJB représente la Belgique au sein des Congrès juifs mondial et européen, alors qu'il n'est quasiment pas implanté en Flandre
31 janvier 2009. - Onze ans après André Labarrère, député-maire PS de Pau, élu de Pau depuis 1967, et Bertrand Delanoë, à l'époque sénateur PS de Paris et élu de Paris depuis 1977, le secrétaire d'Etat UMP Roger Karoutchi, d'origine juive marocaine, a fait son coming out dans L'Optimum, un magazine « pour distraire et informer tous les hommes de 30 à 35 ans », et dans le magazine « Sept à huit » sur TF1, créant ainsi un « buzz » médiatique (L'Express parle de « plan média »1) depuis une semaine. Il s'est toutefois empressé de préciser que « je reste un gaulliste dans l'âme, un républicain peu enclin aux communautarismes quels qu'ils soient » 2.
La notoriété nationale de cet ancien étudiant gaulliste qui combattit la chienlit en mai 1968, à 17 ans, est très faible, même s'il a obtenu son premier mandat il y a vingt ans, comme conseiller municipal RPR à Nanterre, devenant par la suite conseiller régional, député européen, puis sénateur,
Son coming out s'inscrit dans le cadre de sa candidature à l'investiture UMP comme tête de liste aux élections régionales en Ile-de-France contre Valérie Pécresse, qui s'affiche volontiers dans les médias « people » aux côtés de son compagnon et de ses enfants. D'après l'eurodéputé PS Harlem Désir, « Simplement, peut-être qu'il a voulu prévenir, dans sa famille politique, un mauvais coup (...) et il a préféré prendre les devants »3, ce que l'intéressé a implicitement confirmé sur TF1, «Comme ils avaient une tendance naturelle à en parler à ma place, sans que je ne dise rien, on va admettre qu'il vaut mieux que ce soit moi qui en parle» 4.
Seuls deux autres élus de droite sont actuellement ouvertement gays, Philippe Meynard (Modem), à l'époque de son coming out (2001) adjoint au maire UDF de Barsac (2000 habitants), en Gironde, entretemps maire depuis 2004, réélu en 2008, après moult péripéties pour cause d'homophobie5, et Jean-Luc Romero (UMP), conseiller municipal dès 1989, conseiller régional RPR depuis 1998, qui a lui aussi connu pas mal de péripéties dans son parcours politique en raison de ses prises de position engagées, notamment contre l'investiture UMP à l'homophobe Christian Vanneste.
Le magazine E-llico rappelle que Karoutchi, « au moment du débat sur le PaCS, n'a pas cru utile de se distinguer de ses amis politiques quand ceux-ci tenaient des discours profondément homophobes » et compare ce coming out à celui de Bertrand Delanoë, engagé dans la lutte contre les discriminations, avec cette « différence entre coming out de gauche et coming out de droite, sans doute, la droite privilégiant l'individu, la gauche la collectivité » 6.
Rappelons que le sénateur Karoutchi s'en était pris, en octobre 2004, au site Suffrage Universel dans une interpellation au ministre de l'Intérieur parce que son nom y figurait, à tort selon lui, parmi les conseillers régionaux d'origine non européenne 7. Monsieur Karoutchi a peut-être fait son coming out en tant que gay, mais pas en tant que Marocain juif au même titre qu'André Azoulay, Abraham Serfaty ou que les sénateurs PS David Assouline (France) et Olga Zrihen (Belgique), préférant, se faire passer pour « enfant d'une famille juive pied-noir de Casablanca (Maroc) » 8.
30 janvier 2009. - Au cours de l'émission « Malpensa Italia », le ministre de l'Intérieur italien Roberto Maroni a répondu à ceux qui demandent de pouvoir octroyer le droit de vote aux résidents non nationaux de l'Union Européenne (« extracommunautaires ») que « La Constitution dit que le droit de vote dans notre pays, ce sont les citoyens italiens et européens qui l'ont, pas les extracommunautaires. Si on veut, on peut changer la Constitution, mais on ne peut pas dire qu'on ferme les yeux. »
Cette prise de position fait suite à un certain nombre de résolutions votées par des conseils communaux et provinciaux en faveur de l'extension du droit de vote aux résidents non-UE.
On notera par ailleurs qu'en septembre dernier, invité de la fête nationale du Parti démocrate de Walter Veltroni, Gianfranco Fini, dirigeant du parti ex-fasciste Alleanza Nazionale, a réaffirmé à ce sujet que «Ce n'est pas une idée folle, ni criminelle, les étrangers doivent avoir des droits et des devoirs.» . Il s'agit d'une prise de position constante de l'intéressé depuis octobre 2004.
30 janvier 2009. - Lundi 29 décembre 2008 est entrée en vigueur la partie de la Ley de Memoria Histórica (Loi de mémoire historique), adoptée le 31 octobre 2007 à l'initiative du gouvernement Zapatero 1, qui va permettre à des centaines de milliers d'enfants et de petits-enfants de réfugiés de la Guerre civile et d'exilés de la période franquiste d'acquérir la nationalité espagnole.
Il s'agit d'une loi comprenant plusieurs autres volets, comme la reconnaissance du caractère injuste des condamnations sous le franquisme, la recherche des fosses communes de la Guerre civile, l'élimination des symboles du franquisme encore présents sur les édifices et espaces publics. La partie concernant la nationalité est communément appellée « Ley de nietos » , loi des petits-enfants.
Agustín Torres, directeur de la Direction émigration au Ministère du Travail et de l'immigration, a précisé au quotidien El Mundo 2 que cette mesure concerne trois catégories de personnes: les enfants d'immigrants espagnols ou exilés, les petits-enfants des mêmes, et les Espagnols qui ont obtenu la nationalité sous le régime de la réforme de 2002, une nationalité qu'il qualifie lui-même « de qualité inférieure », non transmissible à leurs enfants.
Dès le premier jour, des milliers de personnes concernées ont fait la file devant les représentations diplomatiques espagnoles de plusieurs pays latino-américains.
Le pays où le nombre de bénéficiaires potentiels serait le plus élevé est l'Argentine où, sur base d'estimations non officielles, ils seraient 300.000 selon le quotidien La Nación, 600.000 selon son concurrent Clarín. Ils n'ont en tout cas été que 10.000 à avoir introduit un dossier dans la première quinzaine, selon les données officielles consulaires 3.
Un mois plus tard, une vingtaine de milliers de dossiers ont été déposés à La Havane, dont quarante ont déjà eu une suite positive, mais le consul-adjoint Álvaro Kirkpatrick estime qu'il pourrait y en avoir au total entre 300 et 400.000, dont 150.000 pourraient aboutir à l'octroi de la nationalité espagnole avant fin 2010, la date-butoir prévue, sauf prolongation d'un an qui pourrait être décidée par le gouvernement espagnol 4.
Après quelques jours, le consulat à Mexico n'a reçu que quelques centaines de demandes, sur un total potentiel estimé à plus de 150.000 personnes 5.
En Uruguay, 2.000 dossiers avaient déjà été introduits dès la première semaine 6, mais le consul d'Espagne estime le nombre de bénéficiaires potentiels entre 150.000 et 200.000 7.
Le seul consulat de Sao Paulo, région où résident la plupart des descendants d'Espagnols du Brésil, pourrait recevoir jusqu'à 50.000 dossiers, mais l'ambassade d'Espagne n'a pas communiqué le nombre de dossiers déjà introduits au 29 janvier, étant donné qu'une partie ont été directement envoyés par internet au Ministère de la Justice à Madrid 8.
De 30 à 35.000 Vénézuéliens seraient concernés par cette loi, ils s'ajouteraient ainsi aux 175.000 Espagnols déjà inscrits au consulat de Caracas, dont seuls 46% sont originaires d'Espagne, le reste étant des descendants d'Espagnols 9.
Au Pérou, après deux semaines le nombre de requérants n'était que de 300, sur un total potentiel estimé à 30.000 10.
1 Le nom initial du projet de loi était « Projet de loi pour que soient reconnus et accrus les droits et pour que soient mises en place des mesures en faveur de ceux qui ont subi la persécution ou la violence durant la guerre civile et la dictature »
Pierre-Yves Lambert (Suffrage Universel)
29 janvier 2009, - Le journaliste bas-belge1Derk-Jan EPPINK, ancien collaborateur des commissaires européens BOLKESTEIN et KALLAS, sera bien candidat aux prochaines élections européennes dans la circonscription flamande en tête de la Liste Dedecker (LDD), un parti libéral, nationaliste flamand et républicain principalement composé d'élus et de militants issus du Parti libéral flamand VLD et du Parti d'extrême droite Vlaams Belang autour de Jean-Marie DEDECKER, parlementaire depuis 1999, version belge de Pim FORTUYN et de Geert WILDERS, Selon un sondage récent2, la LDD est créditée de 16% des suffrages en Flandre,
L'écologiste italienne Monica FRASSONI avait déjà siégé au Parlement européen sur le quota belge de 1999 à 2004, elle a été réélue en 2004, mais cette fois sur une liste italienne,
La socialiste franco-marocaine Olga ZRIHEN a quant à elle siégé au Parlement européen de 2001 à 2004, Entretemps devenue belge, elle siège depuis au Sénat,
Enfin, la libérale luxembourgeoise Frédérique RIES, ex-présentatrice de RTL, a été élue en 1999 et réélue en 2004 au Parlement européen, Comme Olga ZRIHEN, elle a entretemps acquis la nationalité belge et a brièvement (2004) occupé le poste de secrétaire d'état aux affaires européennes,
D'un autre côté, le Belge Olivier DUPUIS, candidat du Parti radical en Italie aux élections européennes de 1994, a succédé à Marco PANNELLA deux ans plus tard et a été réélu en 1999,
Parmi les plus célèbres députés européens élus dans un pays dont ils n'avaient pas la nationalité, on se rappellera du politologue français Maurice DUVERGER, élu en 1989 sur la liste du Parti Communiste italien, et du politicien allemand Daniel COHN-BENDIT, élu dix ans plus tard sur la liste des Verts français,
1 En néerlandais, Nederbelg, ressortissant du Royaume des Pays-Bas établi en Belgique
Turquie : Manifestation antisémite et anti-arménienne Publié le : 12-01-2009
Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - A Eskisehir, la Fédération des centres culturels d'Osmangazi a fait une manifestation destinée à critiquer les intellectuels qui s'excusent auprès des Arméniens ainsi que les attaques d'Israël en Palestine. Les membres portaient des panneaux indiquant : "Entrée libre aux chiens, les Arméniens et les Juifs ne peuvent pas entrer". Capa a prétendu qu'en Arménie, il y avait devant certains magasins, le texte « les Turcs et les chiens ne peuvent pas entrer » : cette affirmation mensongère est par ailleurs totalement contradictoire avec la propagande de l'Etat turc qui estime que seule la diaspora arménienne serait concernée par la reconnaissance du génocide arménien et donc potentiellement « anti-turque » (qualificatif attribué dès lors qu'un Arménien de la diaspora réclame justice pour le génocide arménien de 1915). Le Collectif VAN vous invite à lire la traduction d'un article publié dans le journal turc Habervitrini le 8 janvier 2009.
des sites et des blogs francophones de Juifs critiques vis-à-vis de la politique de l'Etat d'Israël
le site de l'Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) http://www.upjb.be/ (site en reconstruction, pas de mise à jour depuis six mois) le site de l'Union Juive Francaise pour la Paix (UJFP) http://www.ujfp.org/ le blog d'Henri Goldman (e.a. membre de l'UPJB) http://blogs.politique.eu.org/henrigoldman/index.html (très intéressant blog, avec des textes pertinents et des débats de qualité dans les commentaires) le site judéo-arabe israélien Wahat al-salam - Neve Shalom http://nswas.org/spip.php?rubrique215
en anglais:
le site des Juifs européens pour une paix juste (ejjp-jepj) http://www.ejjp.org/ voir aussi d'autres liens (y compris des sites de Juifs israéliens critiques vis-à-vis de la politique menée par leur pays) à la page http://upjb.be/fr/liens.htm
AFP 15/01/2009 | Mise à jour : 19:10 | Commentaires22
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Un député juif britannique a comparé aujourd'hui l'offensive israélienne à Gaza à l'attitude des nazis qui ont tué sa grand-mère dans son lit et forcé sa famille à fuir la Pologne.
Gerald Kaufman, député du parti travailliste du Premier ministre Gordon Brown connu pour ses positions hostiles au gouvernement israélien, a par ailleurs appelé à un embargo sur les ventes d'armes à Israël.
"Ma grand-mère était alitée, malade, lorsque les nazis sont entrés dans sa ville natale... un soldat allemand l'a abattue dans son lit", a raconté ce député juif lors d'un débat à la chambre des Communes sur ce conflit qui a fait plus de 1.000 morts depuis 20 jours.
"Ma grand-mère n'est pas morte pour servir de justification aux soldats israéliens qui tuent les grand-mères palestiniennes à Gaza", a-t-il ajouté.
Selon lui, le gouvernement israélien "exploite de façon cynique et sans scrupules la culpabilité des goys en raison du massacre des juifs lors de l'Holocauste, pour justifier le meurtre de Palestiniens".
Les affirmations d'Israël selon lesquelles de nombreuses victimes palestiniennes étaient en fait des militants "était déjà la réponse des nazis". "Je suppose que les juifs qui se battaient pour survivre dans le ghetto de Varsovie auraient pu être qualifiés (par les nazis) de militants", a-t-il lancé.
[ndPYL Des associations ou des "appels" de ce type ("Amitié judéo-musulmane de France" ou "Dialogue et Partage" en Belgique) n'ont aucun sens: comme toujours dans ce cas il s'agit d'essentialisation des "communautés" alors même que parmi les juifs (avec minuscule, puisqu'il s'agit ici de l'acception religieuse) et les musulmans il y a, bien entendu, toutes sortes de positions, comme parmi les chrétiens, les athées et les autres "communautés". Ca semble pourtant la logique même d'écrire ça, non ? Il serait par contre plus logique et plus urgent que les partis politiques, en Belgique comme en France, remettent au pas leurs mandataires et leurs membres, toutes origines confondues, qui tiennent des discours communautaristes haineux et mettent en évidence leur loyauté vis-à-vis d'un Etat étranger, qu'il s'agisse de Claude Marinower (Open VLD) ou de Viviane Teitelbaum (MR) vis-à-vis de l'Etat d'Israël, ou de la totalité (à une ou deux exceptions près, et encore) des élus belges (ou d'autres pays européens) d'origine turque ou marocaine vis-à-vis du pays dont ils ont conservé le passeport.]
Les musulmans de l'Amitié judéo-musulmane démissionnent
NOUVELOBS.COM | 16.01.2009 | 15:15
Les membres musulmans, dont le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, ont quitté l'instance, reprochant à leurs homologues juifs leur "absence totale de condamnations" sur l'offensive israélienne à Gaza.
Dalil Boubakeur est aussi l'ancien président du Conseil français du culte musulman
(c) Reuters
Les membres musulmans de l'Amitié judéo-musulmane de France (AJMF) ont démissionné de cette instance, reprochant à leurs homologues juifs de l'AJMF leur silence face aux "crimes de guerre" israéliens à Gaza, a-t-on appris vendredi auprès du coprésident de l'association, Djelloul Seddiki. "Toute la partie musulmane est partie jeudi", a indiqué à l'AFP Djelloul Seddiki, qui est également directeur de l'Institut théologique de la Grande Mosquée de Paris, soulignant que le président d'honneur de l'AJMF, Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et ex-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), faisait partie des démissionnaires.
"On ne se parle plus"
"On ne pouvait pas rester", a-t-il expliqué, déplorant le silence de ses partenaires juifs au sein de l'AJMF, malgré le très lourd bilan humain de l'opération israélienne dans la population de Gaza. "On ne se parle plus. Ils ne m'ont plus appelé depuis le début de la guerre", a-t-il affirmé, confiant avoir reçu un appel du coprésident de l'AJMF, le rabbin Michel Serfaty après l'annonce de sa démission. "C'est trop tard", a estimé Djelloul Seddiki.
"Absence totale de condamnations"
Dans un communiqué exposant les motifs de sa décision, il se déclare "choqué et consterné devant l'ampleur des massacres inqualifiables dont sont victimes les habitants de Gaza depuis plus de vingt jours par l'armée de l'occupation israélienne". Il déplore de la part des représentants juifs au sein de l'AJMF "l'absence totale de condamnations qu'impliqueraient les objectifs du vivre ensemble et du rapprochement entre les communautés que se sont fixé les fondateurs de l'AJMF depuis bientôt cinq ans". Selon lui, "ce silence ne peut être justifié que par une complicité à l'égard de ces crimes de guerre et qui rend les abc du dialogue et de l'amitié escomptés caducs" et "dépourvus de toute crédibilité". (avec AFP)
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De : Saïd Tahri Date : 16 janvier 2009 13:32
Objet : Palestine: motions conseil communal Forest
À : recipients
Bonjour,
Veuillez trouver ci-joint 2 motions que j'ai déposées pour le conseil communal de Forest du 27 janvier.
La première "dénonce le soutien financier et les crédits accordés par Dexia Israël, filiale de Dexia S.A., aux colonies illégales en Palestine" et demande en urgence au "Holding Communal de saisir le conseil d’administration de Dexia S.A. afin que celui-ci" fasse pression sur Dexia S.A afin que sa filiale israélienne revoit sa politique.
La seconde motion dénonce fermement l'agression israélienne et propose l'organisation, avec les associations forestoises, d'une collecte de biens de première nécessité.
Bien à vous.
Saïd TAHRI,
Conseiller communal PS
Vice-Président du Foyer Forestois
0479/28.63.72
Proposition de motion de Saïd Tahri, conseiller communal PS,
relative au financement par Dexia de colonies implantées illégalement en Palestine
mardi 13 janvier 2009
Développement :
Le 3 octobre 2008 le Holding Communal SA a participé pour 500 millions d’euros à l’augmentation de capital de Dexia SA.
Le Holding Communal SA détient après cette augmentation de capital, 14,1% des parts de Dexia SA.
La commune de Forest détient 2250 actions du Holding Communal SA, soit la 11ème commune Bruxelloise en terme de parts.
Depuis près de dix ans, Dexia s’intéresse au marché israélien. En plusieurs étapes, la banque franco-belge a acheté une firme bancaire israélienne, Otzar Hashilton Hamekomi (« Trésor du pouvoir local »), spécialisée comme ce nom l’indique dans le financement des communes et des collectivités locales, à l’instar du crédit communal belge, ancêtre de Dexia.
Depuis 2001, cette banque israélienne est contrôlée par Dexia qui détient 65,31 % du capital. La filiale Dexia Public Finance Israël est répertoriée sur le site de Dexia comme troisième en importance sur le marché israélien du financement des collectivités locales.
Le 19 juin 2007, en commission des Finances du parlement israélien, le directeur de Dexia Israël explique que « Pour nous, la localisation géographique n’est pas pertinente. Si on parle de quelque chose au-delà de la Ligne verte (dans les territoires occupés), nous, nous avons octroyé une aide financière ces deux dernières années et demie à Alfei Menasheh, Elkana, Beit-El, Ariel, Beit Aryeh, (le Conseil régional de) la Vallée du Jourdain, Givat Zeev, (le conseil régional de) Har Hevron, Kedumim, Beit Aryeh (…). Cela veut donc dire que, oui, c’est nous qui les soutenons financièrement et c’est encore vers nous que l’on vient pour recevoir du crédit. »
Et à la question d’une députée désirant « savoir si la dimension de la localisation géographique de la Judée et de la Samarie (la Cisjordanie occupée) complique le processus de décision au sein de la Banque Dexia Israël le directeur de Dexia Israël réponda: « Négatif. Absolument pas… »
la quatrième Convention de Genève 1949 interdit l'implantation de populations nouvelles dans un territoire conquis suite à un conflit (art. 49: « La Puissance occupante ne pourra procéder [...] au transfert d'une partie de sa population civile dans le territoire occupé par elle »). Ce qui fonde la condamnation des colonies israéliennes par l'ONU.
La Résolution 242 (1967) des Nations unies demande à Israël de se retirer « des territoires occupés ».
Dexia soutient donc un acte politique illégal et contraire au droit international.
Proposition de motion:
Le conseil communal de Forest
·Dénonce le soutien financier et les crédits accordés par Dexia Israël, filiale de Dexia S.A.
·Demande en urgence au Holding Communal de saisir le conseil d’administration de Dexia S.A. afin que celui-ci :
odénonce publiquement la politique de sa filiale israélienne
olimoge pour faute grave les responsables de sa filiale israélienne
oredéfinisse clairement et publiquement les missions de sa filiale israélienne
omette sous tutelle sa filiale israélienne afin que plus aucune colonie illégale israélienne ne soit financée par Dexia
omène une enquête interne afin de savoir quels responsables de Dexia S.A. ont soutenu ou connaissaient la politique menée par sa filiale israélienne
Proposition de motion de Saïd Tahri, conseiller communal PS,
relative au bain de sang perpétré par l’Etat d’Israël à la situation humanitaire catastrophique à Gaza
Lundi 12 janvier 2009
Développement :
Le Gouvernement israélien mène depuis le 27décembre 2008 une attaque militaire sanglante dans la bande de Gaza.
Cette attaque a fait déjà près de 1.000 morts et plus de 4.500 blessés, dont un tiers sont des enfants.
Un million d’habitants de Gaza vit sans électricité, sans eau, sans nourriture, sans soins de santé ni médicament.
L'organisation humanitaire Human Rights Watch accuse l’Etat d’Israël d'utiliser des munitions au phosphore blanc à Gaza, territoire le plus densément peuplé au monde.
La Convention Internationale de 1980 sur les armes conventionnelles interdit pourtant l'usage des obus au phosphore blanc contre les populations civiles
Des médecins norvégiens appartenant à l’ONG Norwac, accusent l’Etat d’Israël d'utiliser une nouvelle arme très puissante, la Dime (Dense Inert Metal Explosive), dont l'explosion cause des blessures extrêmement graves dans un rayon d'une dizaine de mètres, et qui serait potentiellement cancérigène, à long terme.
L’appel à un cessez-le-feu immédiat et durable et à la fourniture d'une assistance humanitaire urgente lancé par le Secrétaire Général de l’ONU a été rejeté par l’Etat d’Israël.
Nous contestons l’usage du terme « guerre » dans ce conflit, car nous assistons à l’agression d’un peuple, sans armée pour le défendre, par le quatrième producteur mondial d’armes.
L’usage d’une force militaire excessive et disproportionnée dans un territoire densément peuplé par des civils, est un crime de guerre, au regard du droit international et de toutes les conventions internationales, et ce, quel que soit le droit de tout Etat d’assurer sa sécurité.
Cette situation est inacceptable, ne peut être tolérée et toute notre attention doit être tournée vers la population civile de Gaza.
Il est urgent d’exercer le plus de pression politique possible pour que le Gouvernement israélien cesse ses actes barbares et qu’une aide humanitaire internationale suffisante puisse être acheminée jusqu’à Gaza.
Considérant tous ces faits et la situation humanitaire catastrophique qui en découle,
Le conseil communal de Forest
-dénonce et condamne l’utilisation par l’armée israélienne de munitions au phosphore ainsi que l’usage de DIME.
-dénonce et condamne avec force la riposte disproportionnée du Gouvernement israélien.
-dénonce et condamne avec force tout acte de terrorisme.
-soutient la mise sur pied d’une enquête internationale et la poursuite de responsables si des crimes de guerre ont été commis à Gaza.
-soutient la décision du gouvernement fédéral du 6 janvier 2009 qui organise une opération de rapatriement d’enfants blessés de Gaza
-soutient l’initiative des hôpitaux Iris pour l’aide aux victimes de ce conflit.
-apportera son soutien aux associations situées sur la Commune, qui organiseraient une collecte de biens de première nécessité pour les habitants de Gaza.